Liège-Verviers

Cinq entrepreneurs locaux redonnent vie à l’ancien site Ferblatil

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Bien visible depuis les quais en bord de Meuse à proximité du stade du Standard de Liège, le site s’étend sur ce site de 220.000 m² et compte un bâtiment d’un kilomètre de long. (Photo NOVATILL PARK)

Le site industriel majeur du bassin liégeois Ferblatil à Tilleur va renaître sous la forme d’un parc industriel capable d’accueillir des PME industrielles, du stockage et des services.

Le Tribunal de Commerce de Liège a en fait statué récemment dans le dossier de la faillite de Liberty Liège (ex-Ferblatil), propriété du groupe Liberty-Galati, et a définitivement consacré, au terme d’un appel d’offres et par acte du 24 décembre, le rachat du site par la société NOVATILL PARK, un consortium privé d’entrepreneurs liégeois.

Retour de l’activité

C’est la fin d’une période de latence pour ce bâtiment géant, long d’un kilomètre, qui ne connaît plus d’autres activités depuis des mois que celle des amateurs de photos de sites industriels. Cinq entrepreneurs liégeois ont regroupé leurs compétences pour lancer un projet audacieux : recréer des emplois industriels locaux en fournissant à des entreprises locataires un site équipé, une implantation optimale sur le plan des communications, de l’énergie et des services.

La nouvelle société rassemble Pierre Joly, actif dans le domaine des travaux publics (Gravaubel, AB Tech…), Luc Defourny, spécialisé dans le domaine de l’énergie et dans l’ingénierie de conception et de gestion de projet d’envergure (Liege Airport, Val Benoît, Valdor, Liege office center, Palais des congrès…),  Massimo Nucera, entrepreneur actif (entre autres) dans la réaffectation de sites industriels, Christophe Pittie, réviseur d’entreprises dans un grand cabinet d’audit à Luxembourg et Olivier D’Aout, avocat associé et responsable du bureau DBB Defenso à Liège regroupant 32 avocats.

« Il y a, incontestablement, un côté émotionnel dans notre projet » admet Pierre Joly, l’un des cinq associés, « même si, bien évidemment, il est très sérieusement réfléchi. Nous sommes tous attachés à notre région et convaincus qu’elle regorge de savoir-faire et de potentiel. Nous pensons que ce joyau industriel datant de 1962 valait mieux que le démantèlement et nous avons rassemblé des compétences complémentaires dans un cercle d’amis. Nous sommes tous arrivés à un moment de notre parcours professionnel où l’envie de préparer notre transition nous motive. La réindustrialisation de l’Europe est sur toutes les lèvres. Nous voulons y contribuer, pour le bien de notre région d’abord. »

Le projet concrètement

En l’absence d’un repreneur pour le laminoir, « préparer la transition » est aussi la direction prise par le projet NOVATILL PARK : il s’agit de créer sur ce site de 220.000 m² les conditions idéales pour fournir en location l’espace d’activité à des grandes entreprises ou PME industrielles, technologiques ou énergétiques. L’immense bâtiment entièrement communiquant sera fractionné et cloisonné par sections en fonction des besoins. Il existe en effet une demande importante pour ce type d’infrastructure, confirme Massimo Nucera, un autre associé, qui réhabilite et gère déjà une demi-douzaine de sites réaffectés semblables. L’offre de NOVATILL PARK s’adressera à des entreprises de toutes tailles et de tous types, dans le domaine industriel.

Elles bénéficieront d’un site de grande capacité, revalorisé, arboré, de la possibilité de synergies entre entreprises occupantes, de services communs tels que centre d’accueil, bureaux, salles de réunions, cafétéria, conciergerie d’entreprise, salle de sport… un cadre de travail stimulant, combinant confort, bien-être et innovation.

Le site offre des avantages par sa situation au centre d’un bassin industriel, en bord de Meuse, à proximité de l’autoroute, du rail et de l’aéroport, des services d’une grande ville, d’un raccordement au réseau de gaz et surtout d’un raccordement électrique au réseau ELIA haute tension.

Autoproduction énergétique

Luc Defourny, un autre associé, souligne : « Cette puissance permet d’envisager d’autres projets énergétiques : la surface énorme de toiture (150.000 m²) permettra l’installation d’une centrale photovoltaïque de grande dimension et la surface disponible au sol rend également possible la création d’un important dispositif de stockage. Par exemple, le site pourrait être adapté pour héberger un data center. »

Dans un souci d’économie et de récupération, tout l’équipement existant encore fonctionnel sera exploité. « D’abord on conserve toute l’enveloppe du bâtiment. Il n’y a pas de démolition majeure prévue » précise Massimo Nucera, « Ensuite il faut savoir que ce bâtiment est équipé de 67 ponts roulants qui pourraient être remis en état de marche pour satisfaire les besoins des occupants. Ce serait un gaspillage regrettable qu’ils finissent à la mitraille. »

Ce ne sera pas le seul exemple de réutilisation : outre des quantités importantes de ferraille, actuellement déjà en cours de recyclage, le site abrite des machines très spécifiques, encore fonctionnelles, qui ont une valeur sur le marché de l’occasion et pourraient intéresser des entreprises industrielles. Seul le matériel non valorisable sera recyclé comme matière de base, mais dans tous les cas, économiser les ressources et valoriser l’énergie grise (celle qui a déjà été dépensée pour construire ces équipements) est au cœur des préoccupations. Le projet ambitionne de devenir une référence sur ce point.

En ce qui concerne les aspects environnementaux, « on va se donner les moyens de faire les choses correctement » affirme Christophe Pittie, un autre des associés. « Tout le site est construit sur une dalle de béton, ce qui limite déjà les risques de fuites de matières dans le sol. Et une étude d’orientation va être entamée pour évaluer les mesures à prendre. Ces opérations dépendront de la nature des activités envisagées sur le site. »

Emploi et planning

Aidés par quelques personnes détentrices d’un précieux savoir qui ont été réengagées, les nouveaux propriétaires se sont attelés à la reprise en main technique des installations : réseaux électriques, station d’épuration, équipements de sécurité et d’alarme. Cinq personnes travaillent au nettoyage du site qui a déjà meilleure allure.

Objectif 2030 : un taux d’occupation de 80 %, hébergeant une vingtaine de sociétés : PME, petites industries, centres de formation et unités de recherche, générer plusieurs centaines d’emplois directs, plus de nombreux emplois indirects, créer ainsi une communauté professionnelle vivante et dynamique.

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Publication par communiqué de presse.
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