L’avenir du Grand Palais de Coronmeuse à Liège, qui abritait la patinoire jusqu’en 2010, fait l’objet de débats, jusqu’au parlement wallon. La Ville de Liège a en effet décidé de vendre – avec une mise à prix à 500.000 euros – ce témoin emblématique de l’Exposition Internationale de l’Eau en 1939, car elle se trouve financièrement dans l’incapacité de réhabiliter complètement cette vaste infrastructure (5000m² au sol et plus de 20m de hauteur). Dans le cadre de la rénovation du quartier, il avait été envisagé dans un premier temps une rénovation préservant la composition architecturale du bâtiment et des matériaux originaux. L’idée était une réaffectation en marché bio, librairie, restaurants bio, avec un potager urbain sur le toit.
Il n’en sera plus que probablement rien et les défenseurs du Grand Palais s’inquiètent, au point d’avoir lancé une pétition.
Le groupe Ethias a témoigné de l’intérêt pour ce vestige du patrimoine liégeois, voisin de son nouveau siège. C’est un des scénarii qui a été envisagé pour relocaliser le millier de travailleurs de sa filiale informatique NRB actuellement à l‘étroit dans ses installations des Hauts-Sarts.
Chantier de désamiantage
Le dossier a également pris une tournure politique, amenant la Ville de Liège à réagir « aux allégations de mauvaise utilisation d’argent public » pour des travaux de désamiantage.
Rappelons que l’infrastructure avait dû être fermée en urgence en 2010 en raison d’infiltrations d’eau par la toiture. L’humidité a imbibé le faux plafond contenant de l’amiante, rendant la structure instable. La présence de particules d’amiante en suspension dans l’air a été constatée. Une fermeture totale du site a donc été imposée tant pour des raisons de sécurité que de salubrité.
La Ville de Liège, propriétaire du bâtiment, a décidé de procéder au désamiantage du bâtiment, un travail qui s’est achevé en 2025. Cette opération a été réalisée dans des conditions particulièrement exigeantes, à plus de 20 m de hauteur, grâce à un subside de 1,3 million d’euros octroyé par la Région wallonne au terme d’une procédure de reconnaissance du Grand Palais comme « site à réaménager » (SAR) et dans le contexte d’une demande de modification de plan de secteur validée en 2024.
Outre les aspects liés à la sécurité du bâtiment, le fait de désamianter le bâtiment était une condition préalable essentielle pour permettre la réaffectation du site, quelle qu’elle soit. A cet effet, la Ville rappelle qu’elle a déployé des efforts importants, depuis plusieurs années, pour trouver les moyens de donner au site une nouvelle affectation de service public. « Au vu de la situation actuelle des finances publiques » rappellent les autorités communales, « il s’avère impossible pour la Ville de dégager les moyens nécessaires à la réhabilitation totale du Grand Palais estimée à plus de 40 millions d’euros d’investissement, soit un montant 2 fois supérieur au budget annuel global d’investissement de la Ville de Liège. »
Valeur ajoutée
La mise en vente du bâtiment, désormais assaini, constitue dès lors une opportunité de valoriser le site, de lui trouver une nouvelle affectation et de veiller à ce qu’il constitue une véritable plus-value pour le quartier. C’est bien ce point qui suscite le débat.
La Ville souhaite rappeler que la procédure de vente publique telle que validée par le Conseil communal en décembre dernier s’inscrit pleinement dans les objectifs poursuivis par la Wallonie avec les SAR : participer au redéploiement économique de la Wallonie en relocalisant de l’activité sur d’anciennes friches.

