Comment répondre aux difficultés de recrutement rencontrées par de nombreuses entreprises et surmonter les obstacles persistants à l’embauche pour les personnes issues de la migration, malgré des compétences souvent sous-exploitées ?
C’est le défi qu’ambitionne de relever PrimoWork Liège, porté par l’Instance Bassin Enseignement qualifiant, Emploi et Formation (IBEFE) de Liège, en collaboration avec le CRIPEL, l’association CALIF et plusieurs organisations patronales.
« La Belgique, et plus particulièrement la Wallonie, est l’un des plus mauvais élèves en matière d’insertion professionnelle des personnes migrantes » souligne Régis Simon, directeur du CRIPEL. « Pourtant, ces personnes regorgent de talents, certaines sont hautement diplômées, et surtout elles ont besoin de travailler. Il y a donc un vrai travail de mise en lien à réaliser, en collaboration avec les entreprises et le secteur associatif. »
Chaque année, près de 1 000 personnes issues de pays extra-européens cherchent activement un emploi dans l’arrondissement de Liège. Ces candidats, suivis par des opérateurs d’insertion tels que le CRIPEL, CALIF, Le Monde des Possibles ou les CISP, se heurtent à un manque d’opportunités concrètes.
PrimoWork Liège est donc un point d’entrée unique pour les entreprises, une mise en relation rapide et sécurisée avec des profils qualifiés et accompagnés, un accompagnement complet (de la sélection à la formation, jusqu’à l’intégration socio-professionnelle), un engagement partagé et des outils de gestion interculturelle.
Pour Bruno Schneider, administrateur de CALIF, l’enjeu est clair : « Beaucoup de chercheurs d’emploi issus de la diversité n’ont pas accès aux bons réseaux ni aux offres qui circulent par bouche à oreille. De leur côté, les employeurs hésitent parfois à intégrer des personnes dont la maîtrise du français ou les codes culturels diffèrent. Résultat : des postes restent vacants alors que des candidats motivés sont disponibles. »
Des projets pilotes qui ouvrent la voie
PrimoWork Liège s’appuie sur des expériences concrètes et réussies pour franchir une nouvelle étape. Deux projets pilotes illustrent la pertinence de cette démarche. Hospi’Jobs, porté par Le Monde des Possibles et l’IRFAM, en partenariat avec les grands hôpitaux liégeois. Le projet en cours depuis 2020 a permis d’orienter vers l’emploi hospitalier 200 personnes. Parmi ces travailleurs et travailleuses, les trois quarts ont pu signer un contrat de travail dans l’année qui a suivi leur stage, dont un tiers des CDI.
De son côté, Ethias, en collaboration avec le CRIPEL, a transformé des stages en PFI (Plan Formation-Insertion),
Fort de ces réussites, PrimoWork Liège vise à mutualiser les bonnes pratiques entre toutes les parties prenantes et est passée à une étape supérieure articulée autour du site lancé officiellement en décembre.
« Il nous faut le faire connaître auprès des entreprises et inciter le dépôt d’offres d’emploi » indique Marie-Pierre Desmergers, coordinatrice de l’Instance Bassin EFE de Liège. « Tous les secteurs d’activités sont concernés et il n’y a pas de profils dominants. »
Actuellement toutefois, l’intérêt des entreprises est très limité. « Nous sommes prêts à rencontrer les entreprises pour leur expliquer la démarche et leur proposer de tester. »
La balle est donc dans le camp des entreprises.

