Quatre entreprises sur dix occupant plus de 10 travailleurs s’attendent à avoir davantage de personnel en fin d’année que ce n’est le cas actuellement. En outre, plus de quatre sur dix partent du principe que leur effectif sera aussi important à la fin du mois de décembre qu’aujourd’hui.
Près de 85 % pensent donc avoir au moins autant de travailleurs en fin d’année.
C’est ce qu’il ressort d’une enquête de l’expert en RH Acerta, menée auprès de 600 entreprises belges. Dans le même temps, quatre employeurs sur dix envisagent bel et bien une restructuration en 2026. Par conséquent, l’incertitude économique et l’avènement fulgurant de l’IA suscitent de l’inquiétude chez une partie des travailleurs : un quart est (très) inquiet de perdre son emploi. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans, en particulier, sont les plus préoccupés par cette question, d’après l’enquête.
Les employeurs optimistes
L’incertitude économique et l’avènement de l’IA dans les entreprises belges n’incitent pas les employeurs à procéder à des licenciements massifs. Plus encore : 40,7 % des entreprises occupant plus de 10 travailleurs s’attendent à avoir davantage de personnel en fin d’année que ce n’est le cas actuellement. En outre, 43,7 % partent du principe qu’elles auront d’ici fin 2026 autant de collaborateurs en service qu’aujourd’hui. Seulement 15,6 % des employeurs tablent sur une baisse de leur effectif, un recul léger mais non significatif par rapport à la même période l’an dernier.

Insécurité chez les travailleurs
Les chiffres concernant les projets d’avenir des entreprises belges masquent toutefois le fait qu’un certain nombre d’entre elles prévoient bel et bien de procéder à des adaptations importantes de leur effectif en 2026. Ainsi, 12,8 % des employeurs déclarent qu’ils procéderont certainement à une restructuration en 2026, tandis qu’un autre quart (26,7 %) envisage ce scénario. Des fusions sont également à l’ordre du jour : 11,8 % s’attendent à réaliser une fusion cette année et 16,6 % envisagent cette possibilité. Enfin, 5,9 % des employeurs vont jusqu’à envisager une cessation complète des activités.
Cette dynamique n’est pas sans conséquences sur le lieu de travail. Bien que la majorité des travailleurs déclarent se sentir en sécurité dans leur emploi actuel, 20,6 % sont quelque peu inquiets de perdre leur travail et 4,7 % sont même très inquiets. Les explications données par les travailleurs eux-mêmes sont remarquablement proches de ce que ressentent les employeurs : la peur de restructurations et de cessations est la raison la plus souvent citée dans ce contexte (32,6 %), suivie de l’incertitude économique générale (19,4 %) et, dans une moindre mesure, de la crainte d’un licenciement collectif (7,5 %). L’inquiétude que l’IA rende l’emploi superflu est également citée par un travailleur sur dix (9,6 %) comme principale raison.
En outre, l’insécurité de l’emploi n’est pas uniformément répartie. Les jeunes de 18 à 35 ans, en particulier, sont les plus préoccupés par cette question : près d’un sur trois (30,1 %) éprouve un sentiment d’insécurité. L’inquiétude est également plus forte chez les ouvriers que chez les employés, un ouvrier sur trois (32,2 %) se fait du souci et 6,9 % sont même très inquiets. C’est dans les petites entreprises occupant moins de 10 travailleurs que l’inquiétude est la plus prononcée : 28,4 % des travailleurs de petites entreprises s’inquiètent modérément et 6,1 % fortement de l’avenir de leur emploi, tandis que les travailleurs de grandes entreprises font état d’une incertitude nettement moindre.

