Malgré un ralentissement du marché de l’emploi en Belgique et un taux de chômage avoisinant les 6,5 %, les entreprises continuent de faire face à d’importantes difficultés pour recruter. Selon une enquête récente menée par Robert Half, 66 % des responsables du recrutement déclarent éprouver des difficultés à trouver les bons candidats, tandis que 65 % identifient la fidélisation des talents comme un enjeu majeur pour 2026.
Ce constat met en lumière un paradoxe persistant : même dans un contexte de repli des offres d’emploi, la pénurie de profils qualifiés reste bien réelle. Elle constitue d’ailleurs le principal obstacle pour 75 % des recruteurs en PME, 71 % dans les entreprises de taille moyenne et encore 54 % dans les grandes structures.
« Bon nombre d’entreprises constatent un ralentissement du marché du travail, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il devient soudainement plus facile de trouver les bons talents », explique Solange Meunier, Director chez Robert Half. « Il reste difficile de mettre en adéquation les compétences recherchées avec les profils disponibles sur le marché du travail. »
Des stratégies de recrutement en pleine évolution
Face à ces difficultés, les entreprises adaptent leurs méthodes pour attirer et retenir les talents. Une large majorité d’entre elles renforce ainsi sa communication autour de la marque employeur et de la culture d’entreprise, dans le but de séduire un vivier de candidats plus large.
La question de la flexibilité du travail reste également centrale. « Au cours des dernières années, les candidats ont adapté leur vie personnelle à la flexibilité qu’ils avaient obtenue », souligne Solange Meunier. « Parallèlement, nous constatons que les entreprises mettent à nouveau davantage l’accent sur la présence au bureau, ce qui crée un tiraillement évident. »
Par ailleurs, de nombreuses organisations revoient leurs critères de recrutement. Plus de 80 % des PME et des entreprises de taille moyenne déclarent assouplir certaines exigences afin de ne pas écarter des profils potentiellement intéressants.
« Un nombre grandissant d’entreprises s’orientent vers une approche plus axée sur les compétences », précise Solange Meunier. « Au lieu de se concentrer uniquement sur les diplômes ou les parcours professionnels classiques, les entreprises s’intéressent davantage aux compétences concrètes dont dispose un candidat et à sa capacité à en acquérir de nouvelles rapidement. »
Les grandes entreprises, quant à elles, se tournent davantage vers des partenaires externes afin d’accéder plus rapidement à des profils rares.
« Le défi ne réside plus tant dans la recherche de candidats, mais bien dans la capacité à repérer les bons talents », conclut-elle.

