AKT-CCI Brabant wallon participait ce 13 janvier, à l’initiative de la Province du Brabant wallon, à la présentation du nouveau Plan PME par la Ministre Simonet. Avec ce plan, le gouvernement fédéral affiche une volonté claire : lever les freins qui pèsent sur les entrepreneurs, les indépendants et les PME, et renforcer durablement la compétitivité de l’économie belge. En bref, moins de paperasse, plus de financements, un meilleur accompagnement en cas d’échec et des règles plus adaptées aux réalités du terrain.
Conçu en concertation avec les secteurs économiques et les fédérations professionnelles, le plan se décline en 12 axes et 89 mesures. Tour d’horizon des principaux changements qui concernent directement les entreprises et qui ont retenus notre attention :
Start-ups et scale-ups : attirer les talents et accélérer l’innovation
- Pour les jeunes entreprises et les scale-ups, le plan mise sur la vitesse et l’ouverture internationale. Les procédures de visa pour fondateurs et profils expérimentés seront accélérées, afin de faciliter l’accès aux talents dont manquent de nombreuses entreprises innovantes.
- Autre évolution majeure : la réforme du statut d’étudiant-entrepreneur, jugé trop restrictif. Il sera simplifié et ouvert au-delà de la limite d’âge actuelle, permettant de développer un projet entrepreneurial tout en poursuivant un parcours académique.
- Le gouvernement entend également libérer l’innovation en adaptant le droit économique : des brevets abandonnés pourront être convertis en solutions open source, évitant que des technologies restent inutilisées.
Financement des PME : des alternatives au crédit bancaire
L’accès au financement reste l’un des principaux freins à la croissance des PME. Le Plan PME prévoit donc plusieurs leviers concrets :
- Le développement de financements alternatifs au crédit bancaire traditionnel ;
- Une augmentation des investissements dans les scale-ups ;
- Le retour de l’amortissement dégressif pour les PME, notamment pour les investissements innovants, numériques ou durables.
Objectif affiché : mieux orienter l’épargne vers l’économie réelle et offrir aux entreprises davantage de marges de manœuvre pour investir.
Entrepreneuriat et faillite : faciliter le redémarrage
Le plan change aussi la philosophie autour de l’échec entrepreneurial. Constat partagé : près d’un entrepreneur sur deux connaît des difficultés majeures dans les premières années.
Pour éviter que la faillite ne soit une condamnation définitive, le gouvernement prévoit :
- Un renforcement du droit à l’oubli pour les faillites non frauduleuses ;
- Un accès facilité au crédit, une faillite passée ne pouvant plus exclure durablement un entrepreneur du financement bancaire.
Un signal fort envoyé aux dirigeants qui souhaitent relancer une activité après un revers.
Entrepreneuriat féminin : des mesures concrètes et chiffrées
Le Plan PME fixe un cap clair : 40 % de femmes entrepreneures d’ici 2029. Pour y parvenir, plusieurs mesures touchent directement les indépendantes :
- Le congé de maternité passe de 12 à 15 semaines ;
- Un congé parental pour les indépendants sera introduit à partir de 2028, pour les femmes comme pour les hommes ;
- Les investissements accordés par les banques aux femmes entrepreneures seront analysés afin d’identifier d’éventuels biais.
Pour les entreprises et associations, ces mesures visent à favoriser une plus grande diversité entrepreneuriale.
Vol à l’étalage : un soutien attendu par les commerçants
Face à la recrudescence des vols, notamment dans le commerce de détail, le gouvernement étudie un système automatisé d’indemnisation forfaitaire destiné à compenser les démarches et coûts administratifs.
Par ailleurs, la loi sur la sécurité privée pourrait être élargie, afin de permettre aux commerçants de demander l’ouverture d’un sac, dans un cadre clair et sans confrontation.
Concurrence déloyale : assainir le terrain de jeu
Pour de nombreuses PME, la concurrence déloyale reste un problème majeur. Le Plan PME prévoit :
- Une radiation plus rapide des sociétés fictives ou inactives ;
- Un renforcement des contrôles sur le respect des obligations de retenue à la source, notamment pour certaines entreprises étrangères actives en Belgique.
Objectif : garantir des règles équitables pour tous les acteurs économiques.
Paiements et compétitivité : réduire la dépendance aux géants extra-européens
Le plan soutient le développement de solutions de paiement innovantes, sécurisées et européennes, afin de réduire les coûts pour les PME et la dépendance vis-à-vis des grands acteurs américains.
Dans le même temps, l’accès aux paiements en espèces reste une priorité, notamment via le maintien et le déploiement de distributeurs automatiques, y compris en zones rurales (exemple : Batopin).
Simplification administrative : moins de charges, plus de temps
C’est l’un des points les plus attendus par les entreprises. Le Plan PME mise sur une simplification administrative massive :
- Numérisation des publications au Moniteur belge ;
- Simplification des obligations liées au registre UBO ;
- Réduction des coûts de création d’entreprise ;
- Automatisation de certaines démarches sociales et fiscales.
Un ensemble de mesures visant à libérer du temps et de l’énergie pour l’activité principale des entreprises.
Guichets d’entreprises et règles sectorielles
Le plan prévoit également :
- Une adaptation des tarifs appliqués par les guichets d’entreprises agréés ;
- Le développement de mandats électroniques pour faciliter les démarches ;
- Des ajustements de règles sectorielles, afin de mieux refléter les réalités professionnelles.
Transition énergétique : un levier de compétitivité pour les PME
Enfin, la transition climatique est abordée sous l’angle économique. Le Plan PME soutient les plateformes ESG et accompagne les entreprises vers la neutralité carbone, en tenant compte de leurs capacités réelles. L’objectif : transformer la durabilité en avantage concurrentiel, et non en contrainte supplémentaire.
Ce qu’il faut retenir
Doté d’un budget structurel de 15 millions d’euros par an à partir de 2025, le Plan PME de la Ministre Simonet combine réformes concrètes et mesures de bon sens, dont beaucoup n’ont d’ailleurs pas d’impact budgétaire direct.
Pour les entreprises, les PME et les membres d’associations professionnelles, le message est clair : moins d’obstacles, plus d’opportunités, et une volonté affichée de mieux aligner les politiques publiques sur la réalité du terrain.

