Le groupe waimerais Fabrigroup, propriétaire des marques Fabribois et Fabrialu, ouvre son capital à ses collaborateurs. Vingt-sept salariés sont déjà devenus actionnaires dans le cadre d’un dispositif participatif dont la particularité réside dans les critères de calcul des dividendes, intégrant notamment le bien-être au travail. Une initiative qui s’inscrit dans une stratégie de pérennisation et d’investissements de long terme.
Depuis le 4 juin, 27 collaborateurs de Fabrigroup ont officiellement rejoint le capital de leur entreprise. Basé à Sourbrodt (Waimes) et actif depuis 1945 dans la fabrication de châssis haut de gamme en bois, bois-aluminium et aluminium à travers les marques Fabribois et Fabrialu, le groupe familial franchit une nouvelle étape dans son développement en mettant en place un programme d’actionnariat salarié.
Sur les 48 collaborateurs que compte l’entreprise, 8 employés et 19 ouvriers ont déjà souscrit à cette première ouverture du capital. Ensemble, ils participeront à une augmentation de capital de près de 200.000 euros. Le dispositif sera à nouveau accessible en janvier 2027, puis tous les trois ans.
Renforcer l’engagement des équipes
Pour Philippe Justin, CEO de Fabrigroup, cette démarche vise à renforcer l’implication des équipes dans les résultats de l’entreprise. « L’objectif est clairement d’impliquer les équipes dans les résultats de l’entreprise. L’initiative a aussi pour but de motiver et fidéliser le personnel en renforçant son engagement et le sentiment de co-responsabilité », explique-t-il.
Le programme a été conçu pour rester accessible. Chaque action est proposée au prix fixe de 500 euros, avec un investissement compris entre 1.000 et 10.000 euros. Les salariés ne doivent verser que 30 % de leur souscription lors de l’acquisition, le solde pouvant être financé progressivement grâce aux dividendes futurs, calculés sur la totalité des actions détenues.
Les dirigeants annoncent par ailleurs un rendement net minimum garanti de 5 %, auquel s’ajoute un avantage fiscal lié au montage juridique retenu.
Des dividendes liés aussi au bien-être au travail
L’originalité du dispositif réside dans la méthode de calcul des dividendes. Au-delà de la rentabilité financière, quatre indicateurs détermineront le rendement annuel :
- la satisfaction des clients ;
- le bien-être des collaborateurs ;
- le taux de présentéisme ;
- un indicateur financier de rentabilité.
Chaque critère pourra contribuer jusqu’à 5 % du rendement. Le bien-être sera évalué au travers d’entretiens et d’un questionnaire annuel, tandis que la satisfaction client sera mesurée à l’issue des chantiers.
Selon Me Luc Foguenne, avocat associé chez Elegis à Verviers, ce modèle constitue une première à cette échelle. Alors que les dividendes reposent traditionnellement sur des critères exclusivement financiers, Fabrigroup fait le choix d’intégrer des indicateurs humains dans la rémunération des actionnaires salariés.
À titre d’exemple, un collaborateur acquérant dix actions, représentant une valeur totale de 5.000 euros pour un apport initial de 1.500 euros, pourrait percevoir jusqu’à 1.250 euros par an sous forme de dividendes et d’avantages fiscaux cumulés, soit un rendement net maximal de 25 %.
Une stratégie de développement à long terme
L’ouverture du capital s’inscrit dans une réorganisation engagée en 2024 afin de préparer les prochaines étapes de développement du groupe. Fabribois demeure le cœur de l’activité avec une production annuelle de quelque 6.000 châssis en bois et bois-aluminium, tandis que Fabrialu a été créée pour développer la fabrication de châssis en aluminium.
Cette stratégie s’accompagne d’investissements importants dans les infrastructures. Après la construction d’un hall supplémentaire de 900 m² en 2025, l’entreprise prévoit l’installation d’un nouveau centre d’usinage fin 2026, ainsi qu’un projet de hall de stockage l’année suivante.
À l’horizon 2027, Fabrigroup indique avoir investi 13 millions d’euros en treize ans, dont 10 millions sur fonds propres. Le groupe ambitionne une croissance annuelle de l’ordre de 5 % et entend faire de l’actionnariat salarié un levier supplémentaire d’attractivité et de fidélisation des talents.

