Malgré un environnement économique toujours incertain, les entreprises belges restent prêtes à recruter. Selon une enquête de Robert Half, 44 % des employeurs prévoient d’augmenter leurs effectifs permanents d’ici fin 2026. Pour faire face à la pénurie persistante de talents, ils comptent également investir dans la formation et l’IA, tout en privilégiant davantage les profils combinant expertise technique, esprit critique et compétences en communication.
L’enquête, menée auprès de 500 responsables de recrutement actifs dans différents domaines de l’entreprise, témoigne également d’un recours soutenu aux formes de travail flexibles. Un tiers des répondants (33 %) prévoient de recruter davantage de collaborateurs intérimaires, tandis que 36 % envisagent de faire plus souvent appel à des professionnels sur la base de projets.
Le marché de l’emploi ne ralentit donc pas tant qu’il devient plus sélectif, selon Robert Half. Les entreprises concentrent davantage leurs recrutements sur les fonctions susceptibles de contribuer directement à leur croissance et à leur productivité. La cybersécurité, la comptabilité, le risk & compliance, le juridique et le customer support figurent notamment parmi les domaines concernés.
« Les entreprises continuent d’investir dans des professionnels dotés de compétences spécialisées rares qui contribuent directement à leurs objectifs stratégiques », souligne Marie-Claire Olyslager, Director chez Robert Half. Selon elle, les employeurs privilégient désormais une approche de recrutement plus ciblée, sans pour autant délaisser la formation et le développement de leurs collaborateurs.
L’IT et le digital en tête des intentions de recrutement permanent
Les intentions varient selon les domaines de spécialisation. Dans l’IT et le digital, 47 % des employeurs interrogés envisagent des recrutements permanents, contre 44 % dans l’administration, les ressources humaines et le service client, 43 % dans la finance et la comptabilité et 42 % dans le juridique.
Le travail sur la base de projets occupe également une place importante. Il est envisagé par 39 % des employeurs dans l’administration, les RH et le service client, 37 % dans la finance et la comptabilité, 35 % dans l’IT et le digital et 34 % dans le juridique. Pour l’intérim, ces proportions atteignent respectivement 29 %, 36 %, 34 % et 31 %.
Formation et nouvelles compétences face à la pénurie de talents
Au-delà du recrutement, les entreprises cherchent à répondre à la pénurie persistante de talents et au vieillissement de la population active. Quatre employeurs sur dix s’attendent ainsi à ce que la concurrence pour attirer des profils hautement qualifiés continue de s’intensifier au cours des prochaines années.
La moitié des grandes entreprises et 46 % des PME interrogées comptent investir davantage dans la formation, l’upskilling et le reskilling. Parallèlement, 43 % des répondants prévoient de redéfinir certaines fonctions et méthodes de travail afin d’attirer plus facilement les profils recherchés.
Les critères de sélection évoluent eux aussi. À l’expertise technique s’ajoutent désormais l’esprit critique, les capacités de communication et le sens des affaires. L’intelligence artificielle participe à cette transformation du travail, mais ne réduit pas, selon l’enquête, la demande pour les talents spécialisés.
« L’intelligence artificielle transforme notre façon de travailler, mais pas le besoin de talents spécialisés », indique Marie-Claire Olyslager. Les entreprises recherchent, poursuit-elle, des professionnels capables d’utiliser efficacement la technologie tout en faisant preuve de discernement et en sachant transformer des informations complexes en recommandations concrètes.

