La reconversion de l’ancienne Cokerie d’Ougrée se précise. Un premier permis vient d’être délivré et le projet bénéficiera de 8,1 millions d’euros de fonds européens FEDER. Au total, près de 20 millions d’euros seront investis pour aménager une première zone de 18,3 hectares en parc d’activités économiques. Porté par SORECO, un partenariat entre WE et DEME Environnement, le projet pourrait accueillir une vingtaine d’entreprises et permettre la création de 200 à 260 emplois.
Deux décisions importantes sont intervenues à quelques jours d’intervalle. Le 6 octobre 2026, SORECO (Société de Reconversion de la Cokerie d’Ougrée) a obtenu un premier permis unique pour la remise en état de l’ancien Laminoir d’Ougrée. Le 8 octobre, le Gouvernement wallon a retenu le projet d’équipement du futur parc d’activités économiques dans le cadre du programme FEDER. De quoi permettre à cette ancienne friche industrielle du bassin liégeois d’entamer une nouvelle étape de sa transformation.
Un partenariat public-privé pour redonner vie au site
Derrière ce projet figure SORECO, une société créée en 2024 et détenue à 49 % par WE, à travers sa filiale Espace Financement, et à 51 % par DEME Environnement.
Les deux partenaires apportent des compétences complémentaires. WE intervient notamment dans le développement économique, la reconversion des friches industrielles et la recherche de financements publics et européens. DEME Environnement apporte, de son côté, son expérience dans l’assainissement des sols, la réhabilitation de sites industriels et la réalisation de grands travaux d’infrastructures.
D’autres acteurs sont associés au dossier, parmi lesquels le Service public de Wallonie (SPW), qui accompagne le projet à travers le dispositif de coordination administrative renforcée « Fast Track ». La Ville de Seraing et sa régie communale autonome ERIGES participent également à cette dynamique.
Marc Degaute, membre du comité de direction étendu de WE, voit dans cette opération un exemple de ce que peut apporter un partenariat public-privé lorsqu’il s’agit de reconvertir des sites industriels complexes, nécessitant à la fois des moyens financiers importants et des compétences techniques spécifiques.
Près de 20 millions d’euros pour aménager les premiers hectares
Dans un premier temps, les travaux concerneront 18,3 hectares, soit la partie correspondant à l’ancien Laminoir d’Ougrée. L’ensemble du site industriel s’étend, lui, sur près de 37 hectares.
Le permis qui vient d’être accordé porte sur la remise en état des terrains. Il couvre notamment l’assainissement des sols, les dernières démolitions, la sécurisation géotechnique ainsi que les travaux de remblayage et de nivellement nécessaires avant tout nouvel aménagement.
L’autre volet concerne les équipements du futur parc d’activités. C’est à ce niveau qu’interviendra le financement FEDER de 8,1 millions d’euros. Cette enveloppe contribuera à la création des voiries, à l’aménagement de deux accès depuis la N90 et la rue de la Gare, ainsi qu’à la réalisation des cheminements pour les cyclistes et les piétons. Les réseaux techniques et les installations destinées à gérer les eaux pluviales font également partie du programme.
Au total, les investissements prévus approchent les 20 millions d’euros. Les fonds européens couvriront une partie des dépenses liées aux infrastructures, le reste étant financé par SORECO grâce aux moyens apportés par ses deux actionnaires.
Les opérations d’assainissement et de remise en état relèvent, quant à elles, d’un montage contractuel distinct conclu entre SORECO et ArcelorMittal Belgium.
Ces investissements ne représenteront toutefois qu’une partie des moyens mobilisés à terme sur le site. Les entreprises qui viendront s’y installer devront également investir dans leurs propres bâtiments, leurs équipements et le développement de leurs activités.
Jusqu’à 260 emplois attendus sur le futur parc
Une fois cette première phase achevée, 13,1 hectares de terrains équipés pourront être proposés aux entreprises. Le parc accueillera principalement des activités industrielles, des PME et des services aux entreprises.
Le découpage des parcelles actuellement envisagé permettrait l’installation d’une vingtaine de sociétés. Ce nombre pourrait être plus élevé si certains opérateurs choisissent de construire des ensembles immobiliers destinés à héberger plusieurs entreprises.
En matière d’emploi, les estimations avancées se situent entre 200 et 260 postes. Le chiffre définitif dépendra évidemment du profil et des besoins des entreprises qui choisiront de s’implanter à Ougrée.
Le site suscite déjà de l’intérêt auprès de plusieurs sociétés. Sa situation géographique constitue l’un de ses principaux arguments, avec un accès aux grands axes de transport et la proximité d’infrastructures universitaires et technologiques.
Pour le ministre Pierre-Yves Jeholet, cette reconversion répond à un objectif plus large : faire des anciennes friches industrielles de nouveaux espaces de développement économique et de création d’emplois.
Le projet s’inscrit aussi dans le redéploiement économique et urbain engagé à Seraing. La bourgmestre Deborah Géradon insiste notamment sur la nécessité de maintenir une collaboration étroite entre les différents partenaires, afin que cette reconversion s’articule avec les autres projets de transformation du territoire.
Les premiers terrains pourraient être disponibles en 2029
Sur le terrain, les premières opérations de remise en état pourraient commencer dès la fin de l’année 2026 ou au début de 2027, sous réserve du respect des conditions fixées dans le permis.
SORECO devra, en parallèle, poursuivre les démarches administratives pour obtenir l’autorisation nécessaire à la construction des infrastructures du futur parc d’activités.
L’essentiel des années 2027 et 2028 devrait être consacré à l’assainissement des terrains et à la préparation des travaux d’équipement, tant sur le plan technique qu’administratif.
La construction des infrastructures est ensuite envisagée entre 2028 et 2029. Si ce calendrier est respecté, les premiers terrains équipés pourraient être mis à la disposition des entreprises dans le courant de l’année 2029.
La reconversion ne s’arrêtera pas à cette première zone. Une seconde phase est prévue sur environ 16 hectares, correspondant cette fois à l’ancienne Cokerie proprement dite. Ces terrains pourraient accueillir des activités industrielles de plus grande ampleur. Leur réaménagement devra également tenir compte des enjeux liés à la préservation de la biodiversité.
À terme, ce sont donc près de 37 hectares d’anciens terrains industriels qui pourraient retrouver une fonction économique. Une transformation qui s’inscrit dans le redéploiement du bassin sidérurgique liégeois, plusieurs décennies après les grandes mutations de son industrie.

