La part de travailleurs en situation de handicap sur le marché du travail ordinaire en Belgique reste globalement inchangée depuis une dizaine d’années. Selon une analyse menée par Acerta sur plus de 417 000 travailleurs, ces profils représentent aujourd’hui environ 0,22 % des effectifs dans le secteur privé, soit un travailleur sur 448. Malgré les initiatives mises en place par les pouvoirs publics et les employeurs, aucune progression significative n’a été observée sur la période récente.
Après un léger pic en 2023, où cette proportion avait atteint 0,25 %, le taux est revenu à un niveau comparable à celui de 2016. Ces chiffres traduisent une difficulté persistante à intégrer davantage de personnes en situation de handicap dans le marché du travail classique, en dépit d’un contexte où les politiques d’inclusion sont de plus en plus présentes.
Des disparités régionales apparaissent néanmoins. La Région de Bruxelles-Capitale affiche la proportion la plus élevée, avec environ 0,34 % de travailleurs concernés, suivie par la Wallonie (0,29 %). La Flandre, quant à elle, reste en retrait avec 0,19 %, un niveau stable mais inférieur aux autres régions. Ces différences peuvent notamment s’expliquer par la structure du tissu économique ou encore par l’accessibilité des transports en commun, souvent citée comme un facteur facilitant l’accès à l’emploi.
Des leviers d’action encore sous-exploités
Au-delà des constats, l’étude met en évidence plusieurs pistes d’amélioration. La sensibilisation aux aides existantes, l’accessibilité des dispositifs de soutien, ainsi que le développement de politiques de recrutement plus inclusives sont identifiées comme des leviers potentiels pour favoriser une meilleure intégration.
« Étant donné la diversité des tâches de travail ainsi que des types de handicaps existants, il devrait être possible de parvenir plus souvent à une adéquation entre les entreprises et les travailleurs en situation de handicap », explique Laura Couchard, experte juridique chez Acerta Consult. « Le fait que cela semble mieux fonctionner en Région de Bruxelles-Capitale peut être lié au type d’entreprises qui s’y trouvent. Le secteur financier et celui des services, par exemple, se situent au-dessus de la moyenne en termes d’occupation de personnes en situation de handicap. »
L’analyse souligne également des différences selon la taille des entreprises. Les plus petites structures semblent proportionnellement plus ouvertes à l’intégration de travailleurs en situation de handicap, avec une moyenne de 0,30 %, contre 0,18 % dans les grandes entreprises. Cette tendance pourrait s’expliquer par une plus grande flexibilité dans l’organisation du travail et des fonctions moins strictement définies, facilitant les adaptations nécessaires.
À l’inverse, dans les grandes organisations, des processus de recrutement plus formalisés ou des descriptions de poste très spécifiques peuvent constituer des freins. L’étude invite ainsi à repenser certaines pratiques internes afin de favoriser davantage d’inclusion, sans nécessairement recourir à des aménagements lourds.
Enfin, au-delà des contraintes souvent évoquées, intégrer des personnes en situation de handicap peut également représenter une opportunité pour les entreprises, en enrichissant les équipes et en apportant de nouvelles perspectives.

