Vinventions a ouvert les portes de son usine de Thimister-Clermont à 130 dirigeants d’entreprise à l’occasion d’une soirée Made in d’AKT – CCI Liège-Verviers-Namur. Une immersion dans une industrie qui a fait de l’innovation, de la durabilité et de l’autonomie des équipes les clés de sa compétitivité.
Après la découverte des lignes de production aux 130 dirigeants, Axel Pirard, CEO du site implanté dans le zoning des Plénesses, leur a raconté l’histoire singulière d’une entreprise devenue un acteur majeur du bouchage du vin.
Tout commence avec Marc Noël, entrepreneur originaire d’Eupen parti aux États-Unis. Industriel de l’extrusion des polymères et amateur de vin, il cherche une alternative au liège permettant d’éliminer le goût de bouchon. Après une dizaine d’années de développement, le succès est au rendez-vous aux États-Unis. Pour conquérir l’Europe, il revient dans sa région natale et l’usine de Thimister est construite en 2003.
L’histoire prend ensuite une tournure plutôt inhabituelle : la production américaine est progressivement rapatriée en Belgique. « Ce n’est pas banal qu’une entreprise se délocalise des États-Unis vers la Belgique » sourit Axel Pirard. Le site dessert aujourd’hui l’Europe, l’Afrique et l’Asie, avec la France et l’Italie comme principaux marchés.
Un milliard de bouchons
Vinventions emploie 217 personnes, dont 155 ouvriers, et produit environ un milliard de bouchons par an pour plus de 1.000 clients. Son ancrage local reste particulièrement fort : la distance moyenne domicile-travail n’est que de 12 kilomètres. Plus de 70 vélos d’entreprise sont d’ailleurs utilisés par les travailleurs.
Mais derrière les volumes, le CEO insiste surtout sur la transformation du modèle industriel. L’objectif est clair : garantir l’avenir du site belge. « Dire aux équipes que l’on veut atteindre douze millions d’EBITDA n’est pas forcément mobilisant. Garantir l’avenir du site et de leur emploi, ça l’est beaucoup plus. »
Vinventions a ainsi défini avec son personnel six axes de développement : modèle managérial, nouvelles technologies, impact environnemental et sociétal, bien-être, satisfaction des clients et innovation.
L’opérateur au centre de l’usine
L’organisation s’inspire notamment du World Class Manufacturing, avec une forte autonomie accordée aux opérateurs. Robotisation, cobots et intelligence artificielle sont progressivement intégrés, notamment pour réduire la pénibilité. Cette transformation a contribué à la reconnaissance du site comme Factory of the Future.
Même logique sur le plan environnemental. Vinventions publie des rapports de durabilité depuis 2012 et lançait dès 2017 son premier bouchon neutre en carbone. « Ce n’était pas un choix gratuit : le polyéthylène d’origine végétale coûtait deux fois plus cher que celui d’origine fossile. Mais si nous ne l’avions pas fait, nous ne serions plus là. »
L’entreprise travaille désormais sur des matériaux naturels destinés à remplacer les polymères et affirme utiliser jusqu’à dix fois moins d’eau pour fabriquer ses bouchons que pour certaines solutions en liège ou agglomérées.
« Faire grandir les collaborateurs »
La compétitivité passe aussi par la fidélisation. Salle de sieste accessible au personnel, massages, yoga, vélos ou organisation des pauses font partie des initiatives développées. Mais Axel Pirard refuse d’en faire des gadgets : « Le bien-être, ça commence par payer les gens convenablement et respecter leur avis quand ils le donnent. »
Enfin, l’innovation n’est pas réservée à la R&D. Opérateurs, techniciens et managers sont encouragés à expérimenter ensemble et disposent de moyens pour tester leurs solutions.
Une philosophie qu’Axel Pirard résume en quelques mots : « Faire grandir les collaborateurs, c’est grandir soi-même. » Et, à Thimister, c’est aussi la voie choisie pour continuer à produire un milliard de bouchons par an depuis la région verviétoise.






