L’absentéisme pour cause de maladie reste un enjeu majeur pour les entreprises belges. Selon les dernières données publiées par SD Worx, l’année 2025 confirme des contrastes régionaux marqués. En Wallonie, la situation apparaît globalement stable, sans envolée spectaculaire des chiffres, mais l’impact financier et organisationnel demeure important.
Cette analyse prend une dimension particulière depuis le 1er février 2026, date d’entrée en vigueur d’un nouveau mécanisme de financement des absences de longue durée.
Un nouveau coût à partir du 1er février
Depuis quinze jours en effet, les employeurs occupant au moins 50 travailleurs doivent assumer un coût supplémentaire en cas d’absence pour maladie de plus d’un mois, en plus du salaire garanti. Cette mesure accroît la pression financière sur les entreprises confrontées à des arrêts prolongés.
« Ces chiffres varient selon les organisations, mais aussi selon le secteur et la nature du travail » souligne Katleen Jacobs, experte chez SD Worx. « Cette analyse régionale de l’absentéisme devient dès lors un levier clé pour cibler les actions de prévention et de réintégration. Dans ce nouveau contexte, la compréhension fine des réalités régionales devient stratégique. »
Des réalités contrastées en Wallonie
En Wallonie, l’absentéisme ne se manifeste pas de manière uniforme. Certaines provinces affichent des durées d’absence plus élevées, d’autres se caractérisent par des arrêts plus courts.
Le Hainaut présente une proportion importante d’absences de moyenne durée (entre 30 jours et un an), avec une durée moyenne dépassant 21 jours. Le Brabant wallon se distingue par des absences généralement plus courtes, limitant en partie l’impact direct sur les employeurs.
Dans les provinces de Liège et de Namur, un peu plus de 13 % des travailleurs ont connu une absence de moyenne durée. La durée moyenne des absences de courte et moyenne durée y dépasse légèrement 20 jours, en légère diminution par rapport à 2024. Cette baisse modérée constitue un signal encourageant, sans pour autant réduire significativement la pression globale liée à l’absentéisme.
La province du Luxembourg enregistre une proportion élevée d’absences de courte durée (plus de 65 %), mais se démarque positivement par la plus faible part de travailleurs absents depuis plus d’un an en Wallonie (2,02 %). Ces différences illustrent l’importance d’une approche adaptée à chaque territoire.
Un coût direct stable, des impacts indirects majeurs
En 2025, le coût du court absentéisme atteint près de 151.000 euros par 100 équivalents temps plein. Ce montant, calculé par travailleur et hors cotisations patronales, couvre uniquement les heures non prestées.
Il ne tient pas compte des coûts indirects : perte de productivité, surcharge des équipes, recherche de remplaçants, démotivation ou insatisfaction des clients. Avec les nouvelles règles applicables aux absences de plus d’un mois, ces coûts directs et indirects risquent de peser davantage encore sur les organisations.
Prévention et réintégration au cœur des priorités
Les données analysées par SD Worx – issues de plus d’un million de travailleurs dans 37 000 entreprises du secteur privé – confirment que l’absentéisme reste un phénomène structurel.
Si la Wallonie ne connaît pas d’explosion des chiffres en 2025, la stabilité observée ne doit pas masquer l’ampleur de l’enjeu. Avec l’entrée en vigueur du nouveau dispositif au 1er février, l’absentéisme de longue durée devient plus que jamais une question stratégique pour les employeurs, appelés à conjuguer responsabilité sociale, performance économique et soutien durable aux travailleurs.

