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Comment évolue le télétravail ?

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Une enquête d’Acerta montre que la politique en matière de travail hybride est devenue plus stricte dans de nombreuses entreprises. (Photo Ali Raza / Pixabay)

En 2026 aussi, le travail à domicile reste fermement ancré dans les entreprises belges : 9 sur 10 l’autorisent et une grande majorité s’estime satisfaite de l’équilibre actuel entre le travail à domicile et le travail au bureau. Mais dans de nombreux cas, les accords relatifs au travail à domicile deviennent plus stricts : la proportion d’entreprises qui fixent les jours où les travailleurs doivent se rendre au bureau est passée de 8,2 % à 13,4 % en un an.

Le mardi et le jeudi restent de loin les jours les plus populaires pour le travail au bureau. Tel est le constat d’une enquête menée par l’expert en RH Acerta concernant le « travail hybride » dans notre pays auprès de 600 entreprises et plus de 2000 travailleurs. ​

Dans de nombreux pays anglo-saxons, des (grandes) entreprises ont récemment imposé à leurs travailleurs de travailler au bureau chaque jour désormais. Le télétravail est-il également (définitivement) sur le déclin dans notre pays, environ six ans après l’apparition de la pandémie de coronavirus ? Et quel regard les travailleurs et les employeurs portent-ils sur le « travail hybride » à l’heure actuelle ? ​ ​

Il en ressort de l’enquête qu’aujourd’hui encore, 9 entreprises sur 10 (91 %) occupant plus de 10 travailleurs autorisent le travail à domicile. Cette part est conforme à celle de l’année dernière, lorsque 89 % permettaient le télétravail. Mais l’autorisation du travail à domicile ne signifie pas pour autant que chaque travailleur peut effectivement y avoir recours. Dans la pratique, 54 % des travailleurs déclarent ne pas pouvoir travailler à domicile, contre 48,2 % l’année dernière.

Le travail à domicile est et reste particulièrement ancré dans les grandes entreprises. Dans les organisations de plus de 250 travailleurs, 94,2 % autorisent le travail à domicile, contre 69,4 % des entreprises de moins de 10 travailleurs. ​

« Le fait que le télétravail soit autorisé ne signifie pas automatiquement que chaque travailleur peut en bénéficier » précise Maria Ferritto, experte chez Acerta. « Beaucoup d’organisations ne l’autorisent que pour les fonctions qui s’y prêtent, tandis que les travailleurs ayant des tâches sur le terrain ou des rôles opérationnels doivent, eux, être physiquement présents. Cela se reflète également dans les chiffres : 9 travailleurs manuels sur 10 ne peuvent jamais télétravailler, tandis que cette proportion descend à 4 sur 10 chez les employés. »

Politique plus stricte

Alors que les chiffres généraux pourraient suggérer que le travail à domicile est aussi ancré que juste après la pandémie de coronavirus, l’enquête d’Acerta montre que la politique en la matière est devenue plus stricte dans de nombreuses entreprises entre-temps. Ainsi, la proportion d’employeurs qui laissent leurs travailleurs décider les jours où ils travaillent de chez eux a baissé de 25,6 % en 2025 à 21 % en 2026. Un nombre croissant d’employeurs se réapproprient ce choix : aujourd’hui, 13,4 % déterminent en interne les jours où il est possible de travailler à domicile, contre 8,2 % l’année dernière.

Le nombre de jours de travail au bureau obligatoire augmente également. En 2026, 16,6 % des employeurs décident que les travailleurs doivent être présents au bureau au moins quatre jours par semaine, soit une nette augmentation par rapport aux 11,4 % de l’année précédente. Parallèlement, le nombre d’entreprises sans obligation de présence recule légèrement. Pourtant, la plupart s’en tient encore au modèle hybride classique : deux ou trois jours de bureau obligatoires par semaine. En 2026, 60,7 % optent pour ce modèle, contre 65,3 % en 2025.

« Aujourd’hui » poursuit Maria Ferritto, «nous constatons que le travail à domicile est possible pour une part légèrement plus réduite de travailleurs qu’il y a un an. Nos chiffres internes suggèrent que les plus grandes entreprises, en particulier, renforcent leur politique de télétravail. Quoi qu’il en soit, les grandes entreprises ont de plus en plus souvent recours à des accords formels de télétravail et à une politique élaborée, tandis que les petites organisations adoptent une approche plus flexible et plus pragmatique du travail à domicile. Il convient de souligner que pour la première fois en cinq ans dans les grandes entreprises, la proportion d’employés qui touchent une indemnité de travail à domicile diminue légèrement, alors qu’elle continue à augmenter dans d’autres segments d’entreprises. Cela peut indiquer une politique plus stricte : moins de collaborateurs qui peuvent effectivement travailler à domicile, des conditions renforcées pour obtenir une indemnité ou des adaptations du nombre de jours de travail à domicile de sorte que l’indemnité expire. Cette tendance suggère que ce sont surtout les grandes entreprises qui remettent prudemment l’accent sur la présence au bureau. »

Attentes différentes

La majorité des travailleurs (64,9 %) se montrent satisfaits de la politique actuelle de leur organisation en matière de travail à domicile. Seuls 5,1 % d’entre eux aimeraient se rendre au bureau encore plus souvent, tandis que 30 % aimeraient plutôt travailler davantage de la maison.
Pour leur part, les employeurs (63,4 %) trouvent également satisfaisant l’équilibre du travail hybride et ne souhaitent donc pas le modifier, même si ce pourcentage était un peu plus élevé l’année dernière (69,6 %). Plus d’un quart (27,3 %) des entreprises aimeraient que leurs travailleurs se rendent structurellement plus souvent sur le lieu de travail qu’à l’heure actuelle. ​ ​ ​ ​ ​ ​

« Nous constatons que ces dernières années, les employeurs accordent de nouveau plus d’importance à la présence sur le lieu de travail, car elle favorise à leurs yeux l’interaction entre les travailleurs, le lien mutuel et l’implication dans l’entreprise » commente Maria Ferritto. « Il est logique et nécessaire que les accords relatifs au travail hybride soient régulièrement évalués dans chaque entreprise séparément. Le contexte social a changé, les organisations évoluent en permanence et les besoins spécifiques des travailleurs changent également. Le défi reste de parvenir à des accords clairs et réalisables qui soutiennent l’efficacité, la coopération et l’implication. »

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Publication par communiqué de presse.
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