Alors que le texte de la réforme des pensions vient d’être adopté, la 7e édition de l’Observatoire de CBC Banque & Assurance révèle un déficit persistant d’information parmi les Belges. Si plus de neuf personnes sur dix ont entendu parler de la réforme, seule une minorité en comprend réellement les mesures. Dans le même temps, les inquiétudes financières restent vives : 54 % des répondants craignent de ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite.
L’enquête menée par Ipsos pour CBC Banque & Assurance révèle notamment que 62 % des Belges estiment ne pas disposer d’informations suffisantes pour comprendre le fonctionnement du système de pension. Un niveau qui s’est amélioré depuis 2019, mais qui reste stable depuis trois ans.
Dans le même temps, la notoriété de la réforme est élevée : seuls 7 % des répondants déclarent ne pas en avoir entendu parler. Pourtant, parmi les 92,5 % de Belges qui connaissent le projet, seulement 34 % considèrent que son contenu est clair, contre 39 % l’an dernier.
« Les contours de la réforme ont été précisés depuis lors, sans que cela ne se traduise, pour l’instant, par une meilleure compréhension au sein de la population belge. Force est de constater que les réformes successives tendent à complexifier le système plutôt qu’à le simplifier », observe Patrick Wangneur, conseiller en structurations patrimoniales et prévoyance chez CBC Banque & Assurance.
Certaines mesures mieux identifiées que d’autres
La modification des conditions d’accès à la pension anticipée est la mesure la plus connue de la réforme, citée par 48 % des répondants, et même par 63 % des personnes âgées de 55 à 64 ans. L’introduction du « malus pension » arrive en deuxième position avec 46 % de notoriété.
À l’inverse, d’autres dispositions potentiellement importantes restent largement méconnues. C’est notamment le cas de la possible suppression de la pension de survie, identifiée par seulement 17 % des Belges interrogés.
Une retraite plus longue que ne l’imaginent les Belges
L’étude met également en évidence une perception encore erronée de la durée de vie à la retraite. Près d’un tiers des répondants estiment que l’espérance de vie après le départ à la pension se situe entre 10 et 15 ans, tandis que 31 % la situent entre 15 et 20 ans.
Or, selon CBC, la durée moyenne de vie à la retraite dépasse aujourd’hui les 20 ans. Une donnée jugée essentielle pour préparer correctement cette étape de vie, notamment sur le plan financier.
Cette sous-estimation intervient alors que 54 % des Belges pensent qu’ils rencontreront des difficultés à préserver leur niveau de vie une fois pensionnés. Dans ce contexte, l’âge idéal de départ à la retraite est évalué à 62 ans en moyenne par les répondants, un chiffre en légère hausse par rapport à 2025 (61,5 ans), mais toujours nettement inférieur à l’âge légal de 67 ans applicable aux personnes nées à partir de 1964.
Un défi de pédagogie pour les pouvoirs publics
L’adhésion à la réforme demeure limitée. Seul un quart des Belges considère qu’elle est positive ou nécessaire, même si certaines mesures peuvent lui être défavorables. Cette proportion recule légèrement par rapport à l’année précédente.
Par ailleurs, plus d’un Belge sur deux (51 %) s’attend à une diminution de la pension légale au cours des dix prochaines années, illustrant les interrogations persistantes quant à la soutenabilité du système.
Pour Dave Sinardet, professeur de sciences politiques à la VUB et à l’UCLouvain, les efforts de communication autour de la réforme n’ont pas encore permis de modifier significativement la perception des citoyens. L’étude souligne ainsi la nécessité de renforcer l’information et la sensibilisation du public sur les enjeux démographiques, financiers et sociaux liés aux pensions.
Enfin, près de six Belges sur dix déclarent disposer d’une épargne-pension, signe que la préparation individuelle de la retraite occupe une place croissante dans les stratégies financières des ménages.
L’enquête a été réalisée par Ipsos entre le 31 mars et le 7 avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Belges âgés de 18 à 75 ans. La marge d’erreur est estimée à 3 %.

