A quelques jours de la Foire de Libramont, CBC Banque & Assurance a dévoilé les résultats de son dernier Observatoire sur « Les Belges et le monde agricole »*, mettant en lumière les habitudes de consommation alimentaire des Belges ainsi que leur perception de l’agriculture et des défis auxquels le secteur est confronté en 2026.
Parmi les critères d’achat auxquels les Belges accordent le plus d’importance, on retrouve la qualité du produit, citée par 82 %, et le prix mentionné par 80 % des sondés. En 3e position, on retrouve le respect de la saisonnalité du produit cité par 44 % des Belges.
Seul un Belge sur 4 considère la proximité géographique du produit comme l’un des trois critères d’achat prioritaires. Le prix est toutefois davantage cité comme premier critère (39 %) suivi de près par la qualité du produit (33 %).
« Le soutien aux producteurs n’est plébiscité que par 14 % des Belges, même si ce résultat est plus élevé en Wallonie (25 %) » indique Fabian Wathelet, directeur commercial Agri Business chez CBC Banque. « Dans le même temps, 42 % des Belges affirment acheter en priorité des produits belges et/ou locaux et 25 % le font uniquement si leur prix est attractif. Le Belge est largement disposé à soutenir notre agriculture mais le prix (ou le rapport qualité-prix) reste néanmoins l’élément prépondérant au moment où il effectue ses achats alimentaires. »
De son côté, Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque, précise que « ce constat est sans doute également à mettre en lien avec le moment auquel l’étude a été réalisée, c’est-à-dire en mai dernier. Cette période a été marquée par une forte actualité autour des conflits au Moyen-Orient ainsi que par la hausse de l’inflation en Belgique, qui constituait alors une préoccupation majeure pour les consommateurs. »
La qualité reste un maillon essentiel
L’importance accordée à l’alimentation se reflète dans les habitudes de consommation des Belges puisque 72 % d’entre eux se disent (très) attentifs à la composition des produits qu’ils achètent. Cette attention est légèrement plus marquée chez les 35 à 44 ans (76 %), tandis que seuls 4 % des répondants déclarent ne pas y prêter attention du tout. Par ailleurs, une large majorité des Belges estime que l’agriculture nationale fournit des produits fiables et de qualité : 48 % en sont totalement convaincus et 42 % partagent cet avis dans une certaine mesure.
Vers un label officiel ?
55 % des Belges affirment vouloir soutenir les agriculteurs belges en consommant prioritairement des produits nationaux, tandis que 41 % souhaitent le faire en privilégiant la vente directe. Si la question de l’origine géographique se pose moins pour les produits issus des circuits courts, consommer belge implique néanmoins de pouvoir identifier correctement l’origine des produits alimentaires.
À ce sujet, plus d’un Belge sur deux (53 %) estime identifier (plutôt) facilement le lieu d’origine des produits qu’il achète, alors que près d’un Belge sur trois (32 %) affirme rencontrer des difficultés. Par ailleurs, 12 % indiquent ne pas rechercher cette information.
La création d’un label officiel identifiant clairement l’origine des produits alimentaires est toutefois soutenue par trois Belges sur quatre et seuls 2 % affirment y être défavorables. Bien que l’agriculture soit une compétence régionalisée, les Belges semblent privilégier la création d’un label national (39 %) plutôt que régional (7 %) ou européen (15 %).
Un modèle agricole à préserver
Selon les Belges, les principaux défis des agriculteurs sont l’augmentation du prix de leurs matières premières (45 %) ainsi que l’obtention d’une rémunération juste (42 %). Viennent ensuite la volatilité des prix de vente (29 %) et la lutte pour une meilleure régulation des importations (28 %).
Un Belge sur deux pointe la concurrence étrangère comme étant le principal obstacle à une meilleure rentabilité économique des exploitations agricoles belges, devant le coût de l’énergie (42 %) et la marge des intermédiaires (34 %).
Concernant l’avenir de l’agriculture en Belgique, les principales craintes des Belges sont la disparition des exploitations familiales au profit de grands groupes ou d’acteurs financiers, ainsi que l’impact croissant de la concurrence étrangère.
« De manière générale » conclut Fabian Wathelet, « les Belges portent un regard positif sur l’agriculture de notre pays et mesurent l’importance de préserver un modèle agricole local et familial. La pérennité de nos exploitations dépendra de leur capacité à faire face à des enjeux majeurs, notamment en matière de rentabilité, de concurrence étrangère et d’évolution des attentes sociétales. Ces résultats soulignent toute l’importance d’accompagner nos agriculteurs afin qu’ils puissent relever les défis économiques, sociétaux et environnementaux auxquels ils sont confrontés. »
*Enquête réalisée en ligne, entre le 20 et le 26 mai 2026, par le bureau d’études Ipsos auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Belges âgés de 18 à 75 ans (marge d’erreur : 3 %).

