À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Gaël Quettier, managing director de Dumoulin Aero, une société située à Alleur et spécialisée dans l’usinage de précision pour l’aéronautique.
Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?
« Dumoulin Aero est une société spécialisée dans l’usinage de précision pour l’aéronautique. Nous sommes principalement actifs dans la production de pièces utilisées dans les mécanismes des ailes des avions, présents sur les Airbus et les avions d’Embraer. Nous utilisons des machines interconnectées afin d’augmenter la production et gagner en précision. Nous avons été rachetés par MB Industrie Holding, qui a également racheté une société spécialisée dans le traitement de surface et une troisième dans les petites séries. Nous sommes ainsi complémentaires pour apporter une solution globale à nos clients. »
Quelle est l’origine du projet ?
« Quand je suis arrivé il y a dix ans, notre ancien ERP avait montré ses limites alors que l’entreprise était en pleine croissance. On a changé d’ERP pour pouvoir mieux piloter l’entreprise grâce aux données qu’on allait pouvoir récolter. On a pu suivre notre production en temps réel. »
Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?
« On doit pouvoir commander la matière première deux à trois ans à l’avance. On a continué à enrichir notre ERP pour en faire un véritable outil de pilotage en temps réel (suivi des pièces, planification…) et disposer d’indicateurs de performance. Les technologies ont évolué. On a également investi dans l’automatisation et la robotisation pour pouvoir tourner en trois équipes de manière autonome, produire jour et nuit sur certaines cellules particulières et intégrer le contrôle qualité. »
Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?
« On répond plus rapidement à nos clients. On leur donne les informations en direct. En matière de traçabilité, on a pu aussi se différencier. Si demain un souci se présente sur une pièce et qu’un client nous pose une question, on va trouver directement les informations dont il a besoin. Tout est scanné et classé automatiquement dans l’ERP. Les clients sont contents de la qualité des pièces. La robotisation a permis d’augmenter la production, le contrôle, et de décrocher de nouveaux clients. »
Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?
« Le retour sur investissement nous permet de continuer à investir dans de nouveaux projets. »
Quelles conséquences ce changement a-t-il eu sur le facteur humain et organisationnel ?
« Les équipes travaillent dans un environnement agréable. On a d’abord robotisé des process, un travail répétitif. Quand la robotisation a été mise en place, les gens ont pu monter en compétences, apprendre de nouvelles technologies. Ce sont eux qui font les pièces, ils doivent comprendre la nécessité de mettre en place ce genre de projet et être convaincus. Ils le sont et c’est vraiment agréable d’avoir tout le monde derrière. Les clients sont demandeurs. Les équipes ont bien vu que ce n’est pas parce qu’on a mis des robots qu’on a licencié du personnel. Quand on a commencé à robotiser, on était 35 personnes, à présent on est 56. »
Quelles sont les prochaines étapes du projet digital ?
« On va de manière crescendo dans la complexité des pièces qu’on arrive à robotiser. On est en train de développer un nouveau projet de robotisation qui va permettre de faire tourner la machine 24 heures sur 24. Les gens ont vu que les premiers projets avaient bien fonctionné pour l’entreprise, ils sont partants pour la suite. Dans deux ans, on va déménager aux Hauts-Sarts. Cela nous permettra de pousser l’optimisation de manière maximale en utilisant les dernières innovations digitales. »

