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Mobilité en entreprise : les expériences croisées de Knauf à Engis et Dalemans à Remicourt

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Gabriel Dalemans (coordinateur qualité, sécurité, santé et environnement et conseiller en prévention chez Dalemans) et Sandrine Morel (assistante sustainability sur le site d’Engis de Knauf).

À Engis et Remicourt, Knauf et Dalemans profitent de la Semaine de la Mobilité pour inciter leurs travailleurs à tester d’autres façons de se déplacer. Avec des réalités et des effectifs différents, les deux entreprises liégeoises constatent que certaines initiatives perdurent bien au-delà de l’événement. Sandrine Morel et Gabriel Dalemans racontent ce qui fonctionne sur le terrain, les difficultés rencontrées et les changements observés parmi leurs collègues.

Sandrine Morel est assistante sustainability sur le site d’Engis de Knauf, entreprise notamment active dans les matériaux de construction en plâtre. Quelque 250 personnes travaillent sur le site, qui s’apprête à vivre sa deuxième Semaine de la Mobilité.

Gabriel Dalemans est coordinateur qualité, sécurité, santé et environnement et conseiller en prévention chez Dalemans. Implantée à Remicourt et spécialisée dans les solutions de détection de gaz, l’entreprise compte une soixantaine de collaborateurs. Elle participe à l’événement depuis plusieurs années.

Deux entreprises aux profils et aux tailles différents, mais qui ont toutes deux vu certaines expériences menées pendant la Semaine de la Mobilité se transformer en nouvelles habitudes.

Pourquoi avez-vous décidé d’inscrire cette année votre entreprise à la Semaine de la Mobilité de la Wallonie ?

Sandrine Morel – Knauf : Parce que nous l’avons fait l’an dernier pour la première fois et que le succès a vraiment été au rendez-vous (une cinquantaine de participants). Les collègues étaient très enthousiastes. J’en ai croisé dans les couloirs qui regrettaient de ne pas pouvoir y participer et d’autres qui nous remerciaient d’organiser pareil événement.

Nous nous sommes lancés dans l’aventure grâce à une petite équipe interne, appelée « Karbon Fighters », née à la suite d’ateliers « Fresque du climat », organisés à l’initiative de notre département durabilité. Elle se réunit huit fois par an pour imaginer et mettre en œuvre ce type d’initiative et tout projet facile à implémenter visant à réduire notre empreinte carbone. Notre première participation à la Semaine de la Mobilité, en 2025, est née de cette dynamique.

Gabriel Dalemans – Dalemans : Chez Dalemans, tout est parti il y a quelques années d’une initiative personnelle. J’aime venir travailler à vélo et nous avons l’infrastructure pour pouvoir le faire (parking, douches et vestiaires). J’ai donc eu l’envie de partager ce plaisir avec mes collègues. La Semaine de la Mobilité m’a semblé une belle opportunité pour le faire.

12 collaborateurs (sur 60 dont une vingtaine qui sont sur la route tous les jours) ont répondu présents la première fois. Et puis, ça a continué… J’ai été un peu lent à communiquer cet été sur la nouvelle édition. Et bien, ça n’a pas raté : plusieurs m’ont posé la question : « On ne participe pas cette année ? »

L’organisation de cette Semaine de la Mobilité a-t-elle eu un impact sur la mobilité de vos collègues ?

G.D. : Oui. Concrètement chez nous, plusieurs personnes ont acheté un vélo électrique et cela, bien avant que nous en proposions dans le cadre d’un plan cafétéria. Ils ont donc décidé de venir travailler à vélo de temps à autre sans qu’il y ait eu de communication spécifique par rapport à cela. La Semaine de la Mobilité leur en a donné l’envie.

Surtout que nous avions proposé des vélos électriques en location pour permettre à ceux qui le souhaitaient de tester ce mode de transport. Nous avions, pour ce faire, étendu à deux semaines nos activités de la Semaine de la Mobilité. Ainsi, cela permettait à un plus grand nombre de collaborateurs de profiter de la location.

Nous avons aussi essayé la trottinette en la proposant à nos techniciens pour leurs déplacements en complément du véhicule de service. L’idée était de les rendre plus mobiles. Mais, après un accident pendant la période de test, nous avons mis le projet en pause.

S.M. : Chez nous aussi, l’impact positif s’est marqué au niveau des cyclistes. Nous avions déjà quelques cyclistes réguliers. En outre, même si nous nous trouvons dans un zoning, le RAVeL n’est pas très loin. Nous leur avons donc demandé d’aider leurs collègues, de partager leurs itinéraires et des conseils.

Grâce à cela, nous avons maintenant davantage de cyclistes réguliers. Il suffisait juste de les accompagner sur leur chemin pour les convaincre ! Certains ont acheté un vélo via le plan cafétéria et il leur arrive régulièrement de faire le trajet ensemble !

Venir en bus chez nous n’est pas aisé. Pour le train, il faut le combiner avec la marche (15 minutes) ou le vélo. Mais cela n’empêche pas certains collègues de le prendre régulièrement.

Par ailleurs, des collègues se sont organisés entre eux pour covoiturer ou prendre le train ensemble, y compris pour des déplacements à l’étranger dans différentes filiales du groupe.

Nous avons, lors de cette première participation, parcouru plus de 1.000 km à vélo, 1.200 en train et évité, grâce au covoiturage, 9.000 km en voiture individuelle, soit 1.383 kg de CO2 économisés !

Aviez-vous des idées reçues sur la Semaine de la Mobilité qui se sont révélées infondées ?

S.M. : Je pensais qu’en pratique, ce serait très compliqué et que peu de personnes seraient intéressées. Ce fut tout le contraire. Nous avons été surpris par l’enthousiasme des collaborateurs, y compris chez ceux qui travaillent à l’usine, malgré leurs horaires compliqués. Ils se sont organisés entre eux pour faire des trajets en équipe.

G.D. : Je reconnais que les premières années, la communication m’avait pris pas mal de temps. Mais aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile : tous les templates sont faits. Il suffit de les adapter un peu et de les réutiliser. J’ai mes petites habitudes, c’est donc plus fluide.

Une entreprise qui n’a jamais participé vous dit : « Nous n’avons ni le temps, ni le budget ». Que lui conseillez-vous de faire pour une première édition ?

S.M. : Je dirais à la personne en charge du projet : « Ne le faites pas seule. Entourez-vous de personnes motivées. »

G.D. : Et moi, je dirais : si vous n’avez ni le temps ni l’argent, parlez de mobilité de manière informelle à tous ceux que vous rencontrez, à chaque occasion, à la cantine, etc. C’est une manière de distiller de petites idées dans la tête des gens pour qu’ils se disent : « Tiens, j’essaierais bien. »

Pour conclure, auriez-vous une anecdote à partager ?

G.D. : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est le prix que nous avons reçu en participant à la Semaine de la Mobilité des Entreprises en 2024. Je ne m’y attendais vraiment pas. Nous étions super contents.

Nous avons remporté une animation avec le Mobility Van de Maestromobile. Nous avions invité les entreprises voisines à venir, elles aussi, tester les engins de mobilité présentés (flotte de vélos diversifiée, engins de micromobilité). Une quarantaine de personnes y ont participé et certains ont acheté des trottinettes dans la foulée. Notre direction a aussi vraiment apprécié.

Les expériences de Knauf et Dalemans montrent ainsi comment deux entreprises liégeoises aux réalités différentes utilisent la Semaine de la Mobilité comme un terrain d’expérimentation. À Engis comme à Remicourt, l’enjeu n’est pas de transformer tous les déplacements en quelques jours, mais de donner aux travailleurs l’occasion de tester d’autres solutions. Avec, dans certains cas, des pratiques qui finissent par s’installer durablement.

Écrit par la Cellule Mobilité d’AKT

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Directrice de la Communication (AKT for Wallonia)
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