Brabant wallon

Taxe sur la force motrice : les entreprises du brabant wallon font part de leurs inquiétudes

4 Minute(s) de lecture
Céline Squelart, Directrice d’AKT – CCIBW rencontre Thierry Levintoff, General Manager d’EURODYE à Jodoigne (Image TVCOM).

Ce 18 février 2026, AKT – CCIBW est partie à la rencontre de ses membres avec quelques journalistes invités à couvrir le sujet qui préoccupe tant les entreprises ces dernières semaines : la réintégration de la taxe sur la force motrice. Cette inquiétude est née de la décision du Gouvernement wallon de limiter à 5 ans l’exonération de la taxe sur la force motrice et du précompte immobilier sur le matériel et l’outillage. Les premières conclusions et projections concernant l’impact que pourraient avoir ces taxes locales sur l’emploi et l’investissement sont assez négatives.

Thierry Levintoff, General Manager d’EURODYE à Jodoigne confie à l’Avenir Brabant wallon :

« Si jamais la commune décide de taxer tous les moteurs, matériels et outillages que nous avons acquis depuis 2006 en plus de ceux qui étaient antérieurs et qui ont toujours été taxés, nous risquons de passer d’un total de 39 000 à 120 000 euros par an. Trois fois plus ! Cela équivaut à un ingénieur que l’on ne pourra pas embaucher pour concevoir nos produits de demain. Cette charge, qui est imprévisible, va aussi peser sur nos futurs investissements productifs. Certes, ceux-ci seront exonérés durant les 5 premières années. Mais après, ils seront taxés. Or, nous projetons d’acheter de nouveaux fermenteurs pour 3 millions d’euros. C’est vital pour nous. Si on ne modernise pas, on perdra du terrain face à la concurrence. »

Lire l’article de l’Avenir Brabant wallon du 19/02/2026

Thierry Levintoff, General Manager d’EURODYE (Image TVCOM)

En effet, pour concurrencer des pays comme la Chine ou l’Inde, il faut se différencier et donc investir. Au micro de TVCOM, l’entrepreneur précise : « la productivité en Belgique est reconnue comme très bonne mais il faut, en outre, créer des nouveautés et pour cela il faut moderniser nos outils ».

Voir le reportage de TVCOM dans l’ActuBW du 18/02/2026

Petite remise en contexte :

En 2006, dans le cadre du Plan Marshall, la Wallonie a fait un choix politique clair : soutenir l’investissement productif et l’emploi, en particulier industriel, via des exonérations fiscales ciblées sur l’outil de production (matériel, outillage, moteurs). Pour que ces exonérations ne pénalisent pas les pouvoirs locaux, la Région avait mis en place un mécanisme de compensation : le complément régional, destiné à garantir la neutralité budgétaire des pouvoirs locaux.

En 2026…

Le Gouvernement wallon décide de réduire le budget de cette compensation, passant de 102 millions à 57 millions d’euros. Soit une diminution de 44%. Si cette décision s’inscrit dans la lignée des économies structurelles importantes décrites dans la déclaration de politique régionale, cette baisse aura un impact sévère sur le budget des communes qui pourraient alors être tentées de réintroduire les taxes que la Région avait supprimées.

Que signifie dans les faits la « limitation à 5 ans de l’exonération de la taxe sur la force motrice et du précompte immobilier sur le matériel et l’outillage » ?

Avant 2026
Les entreprises bénéficiaient d’une exonération totale de cette taxe pour tout nouvel investissement (machines, équipements industriels, etc.). Cela signifiait qu’une fois l’investissement réalisé, l’entreprise ne payait pas de taxe sur ces actifs.

À partir du 1er janvier 2026, si la taxe est appliquée
L’exonération sur les nouveaux équipements est limitée à 5 ans. Quant aux investissements réalisés avant 2021, ils deviennent imposables.

AKTion !

Au-delà des services aux entreprises qu’offre AKT – CCIBW, elle est aussi leur porte-voix.

« Les entreprises du brabant wallon nous font part de leurs inquiétudes et c’est notre rôle d’entendre le niveau local et de porter le débat au niveau de pouvoir compétent, communal ou régional », explique Céline Squelart, Directrice d’AKT – CCIBW.

Céline Squelart, Directrice d’AKT – CCIBW (Image TVCOM)

Pour une entreprise, rien n’est plus inquiétant que l’imprévisibilité 

En début de semaine, le communes du Brabant Wallon ont reçu un courrier les informant des premiers résultats de l’enquête menée auprès des entreprises par AKT for Wallonia et les 5 AKT-CCI.

Lire le communiqué de presse et les résultats de l’enquête

Il a également été demandé aux communes de répondre à un questionnaire afin d’établir un cadastre de la situation : Envisagez-vous de la remettre en application ? Et si oui, à quelle hauteur ?

« Nous enjoignons les communes à bien comprendre les enjeux avant de prendre des mesures. Nous sommes conscients que chacun doit prendre sa part de l’effort et les entreprises contribuent déjà énormément aux recettes publiques. Si l’objectif de la Wallonie est de réindustrialiser son économie, cette mesure est contradictoire : on ne réindustrialise pas une région en taxant ses outils de production », ajoute Céline Squelart.

Un pas plus loin :

AKT for Wallonia travaille depuis plusieurs semaines à des pistes de solutions concrètes permettant de concilier les contraintes budgétaires avec la préservation de l’investissement et de l’emploi. Ces pistes sont discutées avec le Gouvernement wallon dans un esprit de concertation afin de favoriser des solutions équilibrées et efficaces.

Frédéric Panier, CEO d’AKT for Wallonia (crédit photo © Valentin Bianchi – Hans Lucas)

« Depuis quelques jours nous constatons et saluons l’ouverture du Gouvernement à apporter un correctif à la décision qui a été prise ». Il faut maintenant qu’une solution concrète et complète soit rapidement trouvée.

par Céline Squelart (AKT – CCIBW)

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