À Saint-Vith, au sein de l’entreprise Puratos, le pôle de compétitivité Wagralim a présenté une note stratégique majeure consacrée aux biotechnologies agroalimentaires. Dans un contexte marqué par les enjeux de souveraineté alimentaire, de durabilité et de compétitivité, cette initiative vise à positionner la Wallonie comme un acteur européen de référence à l’horizon 2035.
Longtemps associées au secteur pharmaceutique, les biotechnologies prennent aujourd’hui une place croissante dans l’agroalimentaire. Elles offrent des solutions innovantes pour optimiser les procédés de production, développer de nouveaux ingrédients et répondre aux attentes environnementales. Par conséquent, il était déterminant pour Wagralim et ses partenaires (Noshaq, ING, Puratos et l’AWEX) de mener une étude pour approfondir les potentiels des biotechnologies agroalimentaires.
Cette orientation s’inscrit d’ailleurs dans les grandes stratégies européennes en matière de bioéconomie et d’innovation.
La Wallonie dispose, selon l’étude, de nombreux atouts pour se positionner sur ce créneau : une expertise reconnue en fermentation et en bioprocédés, des centres de recherche de haut niveau et un tissu industriel dynamique, illustré par des entreprises comme Cosucra, Galactic ou encore Fytofend. Les avancées récentes, notamment en intelligence artificielle appliquée aux procédés biologiques, ouvrent également de nouvelles perspectives pour accélérer l’innovation.
Structurer la filière pour transformer le potentiel en compétitivité
L’analyse met en évidence trois domaines d’application particulièrement prometteurs : les biosolutions pour une agriculture plus durable, la nutrition-santé avec le développement de nouveaux biotiques, et la nutrition animale, en pleine évolution vers des approches plus personnalisées.
Toutefois, un enjeu transversal apparaît comme déterminant : la nécessité de réduire les risques liés au développement de ces technologies. Les projets biotechnologiques nécessitent en effet des investissements importants et des cycles de développement longs, ce qui impose un accompagnement renforcé, dès les premières phases, ainsi qu’une meilleure sécurisation des financements.
« Le manque de moyens ne peut pas freiner l’ambition » insiste Emmanuel Vanzeveren, co-directeur de Wagralim. « Nous avons un réseau solide, des partenaires engagés et une responsabilité : faire émerger des filières stratégiques pour la Wallonie. »
Malgré ces perspectives, plusieurs freins subsistent. Le manque de coordination entre les acteurs, une visibilité internationale encore limitée et un nombre insuffisant de projets entrepreneuriaux issus de la recherche ralentissent le développement de la filière.
Pour y répondre, l’étude identifie quatre priorités : renforcer les collaborations entre monde académique et industrie, accélérer l’émergence de projets innovants, structurer un réseau régional plus lisible et intégrer davantage la Wallonie dans les dynamiques européennes.
À travers cette démarche, Wagralim entend jouer un rôle structurant dans l’écosystème agroalimentaire. « Le manque de moyens ne peut pas freiner l’ambition » souligne Emmanuel Vanzeveren, co-directeur du pôle. « Nous avons un réseau solide, des partenaires engagés et une responsabilité : faire émerger des filières stratégiques pour la Wallonie. »
En structurant cette filière et en mobilisant l’ensemble des acteurs, la Wallonie ambitionne de transformer les biotechnologies en véritable moteur de compétitivité et d’innovation pour son industrie agroalimentaire.

