À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Luc Mathot, fondateur administrateur gérant des Galettes de Luc (Celles-Houyet), spécialisée dans la production de gaufres et galettes pour les particuliers.
Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?
« Depuis 2007, nous produisons des gaufres et des galettes pour les particuliers à travers des magasins de la grande distribution et pour les professionnels. »
Quelle est l’origine du projet ?
« Au départ, on utilisait des fichiers Excel et beaucoup d’encodage manuel. Une grande partie de l’organisation reposait aussi sur l’expérience et l’intuition. Dans une entreprise de production comme la nôtre, cela peut vite devenir compliqué, la production dépendant des commandes. Entre 11h et 14h, c’était la course. On devait s’adapter et organiser la production et l’expédition très rapidement. Cela mettait beaucoup de pression sur l’équipe. Nous avons alors lancé un projet avec l’Agence du Numérique. Cela nous a permis de travailler avec un prestataire externe pour développer un outil de prédiction de production. »
Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?
« L’idée était d’analyser l’historique de nos ventes pour anticiper les quantités de production avant que les commandes n’arrivent. »
Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?
« Le résultat est spectaculaire. Aujourd’hui, au lieu d’attendre les commandes et de courir ensuite, la production est organisée bien plus tôt. »
Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?
« Cela représente environ 3 heures de gain par jour. Mais c’est surtout un énorme gain en sérénité et en fluidité dans le travail. »
Quelles conséquences ce changement a-t-il sur le facteur humain et organisationnel ?
« Le lien entre le bureau et l’atelier est plus simple. Ne plus travailler dans l’urgence permanente change la manière dont la journée se déroule. L’impact se ressent dans toute l’organisation de l’entreprise. Quand l’information circule mieux, l’ensemble de la production est plus fluide. Et cela permet aussi à l’entreprise de continuer à évoluer sans devoir forcément multiplier les postes administratifs. »
Comment ce projet digital a-t-il évolué ?
« J’ai commencé à comprendre comment le programme fonctionnait et à modifier quelques lignes de code. J’ai attrapé le virus du développement. J’ai vu ce que je pourrais améliorer ou automatiser. Et je me suis lancé dans un petit projet pilote, un petit système OCR en Python pour lire automatiquement les bons de livraison et les archiver. Ce projet a très bien marché. Ensuite, j’ai adapté certaines parties du code pour améliorer de petits éléments du quotidien. Pas de grandes révolutions, mais des gains de 5 minutes par-ci, 10 minutes par-là, finissent par faire une différence. Petit à petit, j’ai développé ce que j’appelle un mini ERP interne. Il permet de gérer les commandes, la production, la facturation, les stocks et, surtout, de faire circuler l’information plus facilement dans l’entreprise. Le fait de pouvoir développer certains outils en interne nous permet d’aller plus vite et de les adapter selon nos besoins. Aujourd’hui, nous sommes une entreprise de 30 personnes, dont 3 utilisent ces outils informatiques avancés. »
En conclusion ?
« Avec le cloud, des outils open source et beaucoup de ressources disponibles, une PME peut avancer très vite. La transformation numérique n’est pas réservée aux grandes entreprises. Pour nous, le projet soutenu par l’Agence du Numérique a été un déclencheur. Il nous a permis de franchir une étape importante, mais surtout il a ouvert la porte à une série d’innovations internes. Aujourd’hui, l’idée est de continuer à améliorer les outils au fur et à mesure des besoins de l’entreprise. »

