Trois hommes portés par la même flamme ! Fondée par trois passionnés du métier, International Fire Control (IFC) s’est imposée en moins de vingt ans comme une référence en Belgique francophone et au Luxembourg. En 2026, l’entreprise franchit un cap stratégique en rejoignant le groupe VINCI Energies Belgium. Rencontre avec Bernard Coune, co-fondateur et Directeur général d’IFC Belgique & Luxembourg.

Bernard Coune, avant de parler de VINCI Energies, revenons aux origines. IFC, c’est avant tout une histoire de 3 copains !
Absolument. IFC, c’est d’abord une aventure de passionnés. Avec Pascal Daubechies et Rony Basselier, nous avons tous les trois passé une grande partie de notre vie
professionnelle dans la protection incendie. Pascal et moi avons commencé dans les années 1990 et Rony en 2001. Nous avons travaillé ensemble dans une société
spécialisée du secteur, où nous avons énormément appris. En 2008, après des années de terrain, nous avons décidé de nous lancer à notre compte. Pas par opportunisme, mais parce que nous avions une vision commune du métier et une forte complémentarité.
Justement, en quoi cette complémentarité a-t-elle été déterminante ?
Elle a été clé dès le départ. Historiquement, j’étais implanté au Luxembourg — je suis originaire de Liège — tandis que Pascal et Rony venaient de la Wallonie picarde. Nous avions déjà travaillé ensemble pour un employeur dans le même secteur d’activités. Quand nous avons créé IFC en 2008, nous
ne voulions pas entrer en concurrence frontale avec notre ancien employeur. Nous avons donc fait le choix stratégique de démarrer nos activités au Luxembourg,
avant de structurer progressivement notre présence en Belgique. Cette répartition géographique et nos expertises respectives ont permis un développement sain, sans brûler les étapes.
IFC se positionne aujourd’hui comme un intégrateur global en protection incendie. Pouvez-vous nous rappeler l’étendue de votre expertise ?
IFC est un installateur de solutions globales de protection incendie. Nous couvrons l’ensemble de la chaîne de valeur : le conseil, la conception, l’ingénierie, l’installation et la maintenance.
Concrètement, nos domaines de compétence incluent :
• les sources d’eau (réservoirs, pompes électriques ou diesel),
• les réseaux de conduites enterrées (fonte ou PEHD),
• les réseaux hydrants et RIA,
• les systèmes sprinkler (sous eau, sous air, préaction, déluge),
• la protection par mousse à bas, moyen et haut foisonnement,
• les systèmes Hybrides en techniques spéciales : Vortex™ (pour le gaz) et Sem-Safe® (pour le brouillard d’eau)
• et les systèmes de détection incendie, qu’ils soient optiques, thermiques, par faisceau (Beam), OSID, analyse d’air ou détection de flamme.
Cette approche intégrée fait clairement partie de notre ADN.
En 2018, IFC ouvre un site à Tournai. Pourquoi ce choix ?
Le 15 juin 2018, nous avons créé IFC à Tournai, en raison d’une localisation stratégique, notamment grâce à la proximité avec les Hauts-de-France et cela nous permet de toucher l’extrême ouest de la Wallonie. À l’époque, nous étions six personnes. Aujourd’hui, le site de Froyennes compte près de 75 collaborateurs. Et lorsque notre entité luxembourgeoise a acquis son autonomie complète, j’ai rejoint le site de Tournai en août 2024 pour accompagner la transition.
Parlons maintenant du rapprochement avec VINCI Energies. Comment tout a commencé ?
Tout a démarré assez naturellement lors du salon du MIPIM à Cannes, en mars 2024. Nous y avons rencontré Fabrice Montesi, Managing Director de VINCI Energies Belgium Building Solutions. Très vite, le courant est passé. Il nous a expliqué être particulièrement attiré par l’aura d’IFC, notre expertise, notre image et notre positionnement. Nous avons senti une différence par rapport à d’autres groupes qui nous avaient approchés auparavant : ici, l’intérêt était sincère, profond, et porté sur l’entreprise elle-même, pas uniquement sur ses chiffres. Nous sommes restés en contact, puis les discussions se sont intensifiées, notamment avec Caroline Strobant, responsable des activités Fire Solutions au sein de VINCI Energies en Belgique. Il y a eu plusieurs visites chez IFC, des échanges sur nos valeurs, notre culture, notre manière de travailler. VINCI Energies a été impressionné par ce que nous avions construit en 17 ans : une identité forte, un branding assumé, des clients de référence, et surtout un ADN très marqué.
Vous parlez presque d’un « jeu de séduction »…
C’est exactement ça. Et il fallait que cela fonctionne dans les deux sens. Nous voulions être respectés pour le travail accompli, pour nos équipes — aujourd’hui près de 170 personnes au sein du groupe IFC — et pour notre culture d’entreprise. Bien sûr, VINCI Energies Belgium, c’est plus de 3000 collaborateurs. Nous avons trouvé énormément de similitudes dans les valeurs. Et la magie a opéré..
Sur le plan stratégique, que représente cette intégration pour IFC ?
C’est une consolidation logique et extrêmement puissante. VINCI Energies Building Solutions, c’est notamment Uxello en France (300 millions d’euros de chiffre d’affaires) et Calanbau, très présent en Allemagne, au Danemark et en Pologne (600 millions d’euros, 28 agences) Ce rapprochement nous permet de devenir
un acteur de tout premier plan, avec une force de frappe inédite : économies d’échelle, compétitivité accrue, partage d’expertise, capacité à adresser des projets
de plus grande envergure.
En 2025, IFC vise un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, contre 13 millions en 2019. Et ce n’est qu’une étape. Sur le plan technologique, le groupe se positionne
comme le leader du marché en Belgique francophone, à Bruxelles et au Luxembourg. Son intégration au sein de VINCI Energies Belgique marque une nouvelle étape stratégique, renforcée par la collaboration avec les activités de Cegelec Fire Solutions, actif en Flandre et aux Pays-Bas. Ensemble, ces entités représentent désormais un chiffre d’affaires de 78 millions d’euros à l’échelle du Benelux..
Pourquoi avoir choisi de transmettre maintenant ?
D’abord, rassurons tout le monde : nous sommes toujours là, et pour encore quelques années ! Ce choix nous permet de nous recentrer sur notre métier premier, plutôt que d’être accaparés uniquement par la gestion. Au-delà de la croissance, ce rapprochement répond à une vision à long terme. IFC n’est plus uniquement liée à une génération de dirigeants, mais s’inscrit désormais dans une structure pérenne, capable de traverser le temps. L’objectif était clair : assurer la continuité de l’entreprise et la sécurité de nos équipes.
L’intégration au groupe VINCI Energies ouvre également de nouvelles perspectives : grand pouvoir d’achat, optimisation des investissements, accès à un vaste réseau de compétences et développement de solutions globales à l’échelle du Benelux.

Qu’est-ce qui va changer — ou ne pas changer — pour les clients ?
Très honnêtement : rien ne change dans la relation quotidienne. Les clients gardent les mêmes interlocuteurs, les mêmes équipes, la même proximité. La différence se fait en interne : de meilleurs outils, une organisation optimisée, davantage de moyens. Tout cela se traduit par un meilleur service pour nos clients. IFC a toujours accordé une grande importance à son image. Une anecdote à ce sujet ? Nos véhicules ont probablement été nos meilleurs commerciaux. Ils sont devenus un véritable vecteur de visibilité. Le branding n’a rien de décoratif chez nous : les anneaux symbolisent la solidarité et l’esprit d’équipe. La flamme en forme de
goutte d’eau illustre parfaitement notre métier : le feu est cerné, contrôlé, maîtrisé.
Quels sont les grands projets pour les années à venir ?
Grâce au réseau VINCI Energies, nous allons renforcer notre positionnement dans les Building Solutions au sens large. L’effet de masse va nous permettre d’améliorer la rentabilité, d’optimiser les investissements, les méthodes et le pouvoir d’achat via les commandes groupées. IFC Luxembourg conservera ses spécificités, notamment son atelier de préfabrication sur mesure — une vraie valeur ajoutée au sein du groupe. Nous souhaitons même en faire bénéficier d’autres entités du réseau et augmenter la cadence de fabrication des cellules techniques !
Le recrutement reste un enjeu majeur. Comment l’abordez-vous ?
Avec des activités également bien implantées au Luxembourg et dans les régions frontalières, IFC a une croissance qui ne s’est jamais faite au détriment des valeurs humaines. Notre priorité a toujours été de garantir un emploi stable, de vraies perspectives de carrière et un cadre sécurisé pour nos collaborateurs. Dans un secteur confronté à une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, IFC continue d’investir dans la formation et le recrutement, notamment dans les métiers de la tuyauterie et de l’électricité. Mais au-delà des compétences, nous cherchons des passionnés…
Vous avez un discours très franc sur l’évolution des mentalités…
C’est un petit coup de gueule, oui. Je le dis souvent : faites un métier que vous aimez. Il y a aujourd’hui énormément d’opportunités. On voit parfois des gens — jeunes ou moins jeunes — qui ne sont plus motivés, alors qu’ils pourraient s’épanouir ailleurs. J’ai encore en tête un de nos collaborateurs de 60 ans et toujours présent chez nous, passionné de tuyauterie et de chaudronnerie. Il adore ce qu’il fait. C’est ça, la clé.
Un dernier mot pour conclure ?
IFC reste IFC ! L’entreprise bénéficie par ailleurs d’un climat interne particulièrement positif. Il est difficile de construire et de développer une organisation pérenne
sans passion ni engagement profond ; il était donc essentiel de s’adosser à un acteur capable de reprendre le projet en respectant l’ADN, l’énergie et l’engagement
humain qui en font la force. VINCI Energies ne rachète pas des chefs d’entreprise, ils rachètent des entreprises pour les faire grandir, sans les dénaturer. Et c’est exactement ce que nous recherchions.


