Brabant wallon

Baeyens : l’art invisible du verre au service du patrimoine

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À Braine-l’Alleud, l’entreprise familiale Baeyens perpétue un savoir-faire rare qui se transmet de génération en génération depuis plus de 40 ans. Aujourd’hui dirigée par Alix Baeyens, aux côtés de son père, Etienne, toujours passionné par la “chimie” du verre à 71 ans, la maison incarne une expertise unique en Belgique : la fabrication de verre feuilleté au service du patrimoine.

Une fabrication unique en Belgique

Ce qui distingue Baeyens de la production “mainstream”, c’est une technique de feuilletage artisanale à base de résine. Si de grands groupes comme Saint-Gobain ou AGC sont parfois leurs clients, c’est parce que l’atelier maîtrise des procédés que l’industrie ne peut pas industrialiser. 

« Nous sommes les seuls en Belgique à fabriquer des verres feuilletés selon ce procédé »

 Le père d’Alix, véritable “chimiste” autodidacte, a mis au point des mélanges et des temps de cuisson précis en autoclave pour transformer le verre tout en conservant son aspect ancien. Ce savoir-faire permet de rendre sécurisés et isolants des vitrages très spécifiques, comme le verre bombé ou des verres de restauration aux textures irrégulières

De Versailles à la maison de Brad Pitt

La renommée de cet atelier dépasse largement les frontières wallonnes. Grâce à leur expertise de niche, les verres assemblés à Braine-l’Alleud ont trouvé leur place dans des lieux prestigieux.L’entreprise a notamment collaboré à la rénovation de la Cour des Bouches à Versailles et a même fourni les vitrages pour la résidence de Brad Pitt ou les aménagements intérieurs de Philippe Starck. Pourtant, malgré ces références internationales, Alix Baeyens reste profondément attachée à la relation de proximité avec les menuisiers et architectes locaux. Pour elle, la plus grande fierté réside dans la résolution de problèmes complexes : trouver la nuance exacte d’un verre jaune historique ou adapter un vitrage performant dans un châssis ancien sans en dénaturer le cachet.

Le mariage de l’acier et de la lumière

Au-delà de l’expertise verrière, l’histoire de la maison Baeyens est aussi celle d’une rencontre réussie avec la construction métallique, une activité reprise en 2005 par le père d’Alix. Convaincue que « le verre et l’acier se marient bien », l’entreprise a su développer un savoir-faire complémentaire pour concevoir des structures où le métal sert d’écrin à la transparence. Aujourd’hui, cet héritage permet à l’atelier de se distinguer par la réalisation de portes « atelier d’artiste » et de garde-corps sur mesure, exigeant une précision millimétrée pour la prise de mesure et la pose. Cette double compétence offre une plus-value rare : la capacité d’intégrer des vitrages techniques ou historiques dans des structures métalliques fines, là où les solutions industrielles classiques atteignent leurs limites.

Restaurer plutôt que remplacer : Une mission pour le patrimoine

À l’heure de l’économie circulaire, Baeyens prône la pérennisation du patrimoine. Plutôt que de jeter des châssis anciens en bois ou en acier, l’entreprise propose des solutions pour y intégrer des verres de sécurité ou plus isolants tout en gardant la finesse des châssis d’époque. Ce travail demande un geste technique que peu maîtrisent encore, comme la pose au mastic en biseau, une signature artisanale que le père d’Alix est l’un des derniers à pratiquer. « On honore le travail qui a été fait par les anciens », explique-t-elle, soulignant que 80 % des châssis anciens sont souvent en bon état et méritent d’être conservés.

“Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi avant de savoir comment. Moi je sais pourquoi je vends ce produit, je sais pourquoi j’aime être ici et j’aime être au contact de ce produit.”

Le Défi de la transmission

Aujourd’hui, l’entreprise fait face à un défi de taille : la transmission de ce savoir-faire secret. Dans un secteur où les écoles spécialisées ferment faute d’élèves, Baeyens cherche à pérenniser son activité par des synergies avec d’autres confrères plutôt que par la compétition. Pour Alix, l’entrepreneuriat est avant tout une question de “Pourquoi”. Ce qui l’anime, c’est la lumière qui traverse le verre et le plaisir de faire durer les matériaux et les gestes de l’artisan. « La seule chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer », conclut-elle, portée par la conviction que l’excellence artisanale a encore un avenir radieux dans la rénovation durable. 

Plus d’informations : www.baeyensglassinox.be

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