Liège-VerviersNamur

Innovations environnementales : transformer nos défis en opportunités

14 Minute(s) de lecture
Paul Mauhin (Castle Ingredients), Romuald Catoul (Thomas & Piron Bâtiment), Angélique Léonard (Université de Liège), Isabelle Zaghet (Agoria), Dieter Jong (ukko), Olivier Leclercq (Belub et Prolub), Frédéric Van Vlodorp (AKT - CCI LVN) et France Deuse (AKT - CCI LVN).

AKT – CCI Liège-Verviers-Namur accompagne plus de 40 entreprises sur le chemin de la certification en entrepreneuriat durable. Notre Chambre a elle aussi entrepris ce processus et notre volonté est, entre autres, de promouvoir et faire connaître les solutions durables. Nous avons ainsi consacré notre table ronde à l’innovation environnementale, en réunissant 4 dirigeants d’entreprises et 2 expertes à la Grand Poste de Liège.

Participez à notre enquête sur vos besoins en matière d’innovations environnementales

Les participants :

Angélique Léonard est Professeure à la Faculté des Sciences Appliquées de l’Université de Liège. Elle enseigne l’environnement et l’énergie aux futurs ingénieurs et à HEC. Avec son équipe, elle accompagne des entreprises en éco-conception et en analyse du cycle de vie pour réduire l’impact environnemental. Elle les soutient aussi en communication environnementale et dans la création de fiches intégrées à l’outil Totem pour évaluer l’impact environnemental des bâtiments.

Isabelle Zaghet est Senior expert en durabilité et environnement chez Agoria, la fédération de l’industrie technologique et manufacturière. Active pour toute la région wallonne, elle accompagne les entreprises via des services collectifs et individuels, et intervient également dans les actions de représentation et de lobbying politique du secteur industriel.

Dieter Jong est COO de ukko, fournisseur d’énergie pour PME fondé par Noshaq à Liège. S’inspirant des pratiques initiées par les grands groupes industriels, ukko rend accessibles aux PME wallonnes des stratégies d’achat direct d’énergies renouvelables et locales (éolien et photovoltaïque) afin de sécuriser leurs prix sur le long terme face aux fluctuations du marché.

Olivier Leclercq est responsable de Belub et Prolub, actives dans la lubrification et le graissage à Liège. Bien qu’encore souvent issus de la distillation du pétrole, des lubrifiants de qualité contribuent à la transition énergétique en prolongeant la durée de vie des machines et en réduisant leur consommation d’énergie. La stratégie d’impact de ses sociétés se résume par « plus d’industrie et moins d’impact ».

Romuald Catoul représente Thomas & Piron Bâtiment, une division du groupe Thomas & Piron à Namur, spécialisée dans la construction multi-résidentielle, le tertiaire et les grands quartiers. Référent pour la cellule innovation et développement durable, il fait le pont lors des études entre l’activité d’entreprise générale de construction et le promoteur immobilier. Cette cellule développe de nouveaux marchés, conseille la direction et crée de nouveaux produits et services.

Paul Mauhin est directeur innovation et stratégie chez Castle Ingredients, active dans l’agroalimentaire et spécifiquement dans la transformation de protéines végétales. L’entreprise à Plombières, engagée dans la transition alimentaire, exploite deux usines sur un total de 50.000 m² sans utiliser d’énergie fossile et vise à nourrir durablement la population grâce à l’innovation.

L’innovation environnementale est un terme qui recouvre différents éléments : pouvez-vous nous éclairer ?

Isabelle Zaghet : « Pour moi, il y a deux grands types d’innovations environnementales : l’innovation produit et l’innovation process. Côté produit, on vise l’impact environnemental du produit idéalement sur tout son cycle de vie. On va faire un produit plus léger, qui contient des matières recyclées, qui est moins énergivore. Côté process, on agit sur la manière de fabriquer en se concentrant sur la consommation d’énergie, les ressources et les déchets par exemple. »

Quand on parle de durabilité, pourquoi faut-il regarder tout le cycle de vie ? À quoi être attentif ?

Angélique Léonard : « Le risque en innovation produit, c’est le transfert d’impact : on baisse un indicateur et on en dégrade un autre, ou on transfère l’impact d’une étape à une autre. Il est donc beaucoup plus intéressant d’analyser l’intégralité du cycle de vie, qui est multicritères. Cette analyse aide à repérer les points chauds et à orienter l’éco-conception et la communication. Parfois, elle met en évidence des points auxquels on ne s’attendait pas et incite à travailler sur de meilleures solutions. »

Vos entreprises sont proactives en matière de durabilité. Quels sont les éléments qui vous ont motivés à vous lancer dans une démarche de certification ?

Olivier Leclercq : « Au départ, c’est une conviction personnelle, nourrie par des échanges dans le cadre du PME Green Challenge, puis par un travail plus structuré en se penchant sur nos objectifs de développement durable (ODD) ou notre bilan carbone. Chez Belub et Prolub, on pèse 13.408 tonnes de CO². Et ce qui est frappant, c’est que 5 % sont liés à notre activité et 95 % à la nature même de nos produits. Donc il faut travailler avec les fournisseurs, mais surtout avec les clients pour minimiser l’impact environnemental, augmenter la durée de vie de leur parc machines et valoriser le lubrifiant en fin de vie. »

Dieter Jong : « Nous, on démarre, mais le déclic est venu du marché. Avec la crise énergétique, les renouvelables, donc l’éolien et le photovoltaïque, sont devenus les moyens les moins chers de produire de l’électricité. Les grands groupes ont sécurisé leurs prix avec des achats directs, mais c’était réservé aux très gros consommateurs. Avec ukko, on veut rendre ce modèle accessible aux PME et les aider aussi à consommer quand l’énergie verte est disponible pour décarboner au maximum. »

Romuald Catoul : « Notre cellule innovation et développement durable existe depuis 2019. L’idée était de créer un pôle transversal, d’anticiper le marché et de développer de nouveaux services. Un premier axe a été le bilan carbone. Thomas & Piron Bâtiment, c’est environ 85.000 tonnes de CO² par an, surtout liées aux matériaux. On a donc travaillé à la fois la matière et l’énergie, avec une priorité sur l’énergie, puis sur la décarbonation des bâtiments livrés, en sensibilisant aussi nos fournisseurs tout en gardant une attention particulière sur la compétitivité. »

Paul Mauhin : « Chez Castle Ingredients, c’est une intuition du fondateur, Jean-Louis Dourcy, qui a dit dès le départ : ‘je veux participer à cette transition, on est obligé d’y passer, je veux y contribuer’. On ne pilote pas tout par l’analyse du cycle de vie (ACV) ou le bilan carbone, mais on est convaincus que ne pas changer, c’est disparaître lentement. On a choisi le fractionnement à sec : cette option nous oblige à avoir une intelligence technique pour être compétitif sur le marché. Il y a un investissement conséquent en amont pour éviter que la société ne paye le prix fort. C’est vraiment la volonté de notre actionnariat qui nous soutient et c’est un pari à long terme, parce que tout le monde n’est pas prêt à payer pour le changement. »

Quel est le cadre réglementaire dans lequel s’inscrivent ces innovations environnementales ?

I.Z. : « Le cadre est à la fois une opportunité et une contrainte. On voit souvent des innovations couplées et c’est motivant. C’est une innovation produit qui permet ensuite une innovation process chez le client. Mais pour avancer, il faut composer avec des contraintes très concrètes, qu’elles soient économiques (investissements, retours longs), énergétiques (raccordements, volatilité des prix), technologiques (faire fonctionner le nouveau) ou réglementaires.

Au niveau européen, il y a des grands cadres comme le Green Deal et REACH (l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques), mais aussi beaucoup d’incertitudes comme le CSRD (Directive sur les rapports de développement durable des entreprises). En Wallonie, l’enjeu majeur reste l’imprévisibilité des permis. Il y a beaucoup de cas par cas, les délais sont longs et parfois les normes ne deviennent claires qu’une fois le permis délivré. »

P.M. : « On doit respecter le cadre, évidemment, mais il arrive que le flou administratif pousse à avancer et à régulariser ensuite. C’est risqué, on ne transige jamais sur l’hygiène ou la sécurité, mais sur certains projets, quand il y a une incertitude, on essaie d’un peu courber la réalité et de passer en force. »

I.Z. : « C’est fréquent, le tempo des investissements ne colle pas avec celui des autorisations. Les entreprises ne peuvent pas toujours attendre, elles prennent le risque puis régularisent. On est en complet décalage. »

R.C. : « Au niveau des permis, c’est une réalité qu’on vit tous les jours. Voici un exemple concret : un quartier de 350 logements, le permis unique est déposé en 2021, on veut y intégrer une géothermie ouverte pour décarboner et deux ans et demi plus tard, on se battait encore sur les contraintes, les études, les allers-retours. L’innovation mobilise du temps, des ressources et du risque. Ce n’est pas simple, surtout pour les plus petites structures. »

Madame Léonard, c’est aussi ce que vous observez lorsque vous accompagnez les entreprises ?

A.L. : « Oui, nous on est plutôt en amont dans l’innovation et ça freine aussi. Dans le cadre d’un projet wallon de reverse métallurgie de recyclage de batteries, par exemple, on arrive au bout de la recherche, mais l’unité pilote n’a toujours pas les permis pour le bâtiment et l’installation. Et la législation en matière de déchets complique aussi les tests ; obtenir suffisamment de batteries en fin de vie n’est pas si simple et parfois on teste sur des modèles au lieu de le faire sur de vraies batteries usagées parce qu’on ne peut pas les importer…

Dans le grand public, on retient surtout le Green Deal et les ambitions climatiques, mais en réalité, il y a plein de tiroirs. Par exemple, dès 2028, les bâtiments de plus de 1.000 m² devront fournir le calcul de leurs émissions sur tout leur cycle de vie, et dès 2030, ce sera le cas pour tous les nouveaux bâtiments. En Belgique, cela passe par l’outil TOTEM où on encode le bâtiment comme un Lego avec tous ses matériaux.

Un autre tiroir est la création d’un passeport digital produit, pour avoir toutes les infos sur la composition et la durabilité des produits via une puce ou un QR code. Un dernier sous-tiroir que je peux évoquer, c’est l’ambition chimique zéro pollution grâce au cadre SSBD pour Safe, Sustainable By Design, qui est désormais exigé dans les projets européens, mais qui est encore assez complexe à mettre en place. »

On a évoqué vos motivations. Il y a aussi eu des freins. Pouvez-vous les décrire et nous dire comment vous les avez surmontés ?

P.M. : « Le premier frein, c’est l’acceptation du marché. Dans l’agroalimentaire, on sent une tendance clean label et une prise de conscience du consommateur qui nous aide, mais quand on lance un nouvel ingrédient fonctionnel sur le marché, ça ne plaît pas à tout le monde. On n’aime pas le rejet, mais on a appris à ne pas essayer de convaincre ceux qui ne veulent pas bouger. On se concentre sur ceux qui veulent changer et on les aide à contribuer et à faire évoluer leur activité en les faisant passer de l’étape pilote à la phase industrielle.

Le deuxième frein, c’est que les plus grosses sociétés, celles qui ont le plus d’impact, restent souvent très centrées sur le prix et la fonction. Alors on travaille avec des PME et des acteurs plus ouverts qui, mis ensemble, constituent un certain volume et ça fait déjà une vraie différence. »

O.L. : « Je vois trois freins. D’abord, le ‘durable n’est pas désirable’. Et ce qu’on constate, c’est une dégradation du critère de la durabilité dans le choix des entreprises. Nous devons donc travailler notre discours et notre force de conviction. Même quand il y a des règlementations contraignantes, si son respect n’est pas contrôlé, le prix reprend vite le dessus.

Le deuxième frein, c’est que pour des PME comme les nôtres, c’est une question de choix et d’équilibre. On s’inscrit dans une démarche d’impact environnemental, mais on doit rester rentable. On a lancé des huiles reraffinées, du bio… et malgré tout, 90 % de notre chiffre d’affaires reste encore issu de la distillation du pétrole.

Et le troisième frein, c’est qu’il faut des équipes capables d’expliquer qu’une huile de qualité, plus chère, peut allonger les intervalles de vidanges, diminuer la consommation, protéger la machine et, au final, coûter moins et être meilleure pour les coûts de production et pour l’environnement. Ce discours, il faut pouvoir le tenir face à un industriel. »

Monsieur Jong, vous êtes dans une phase où vous devez convaincre des entreprises. Comment procédez-vous ?

D.J. : « On a déjà eu des freins lors du lancement de ukko. On s’est par exemple fait taper sur les doigts par la CWAPE parce qu’on utilisait le terme « communauté d’énergie » qui est réservé par la loi aux communautés au sens du décret. On applique le même principe, mais on doit l’appeler autrement…

Par contre, la crise énergétique a créé une opportunité. L’électricité verte n’a pas suivi la hausse du gaz, donc on peut proposer un prix stable. Il y a aussi des obligations qui arrivent et notre rôle, c’est d’apporter l’info aux PME, de les guider, et de montrer l’intérêt de certains investissements qui permettent ensuite de gagner en coûts et en indépendance. »

I.Z. : « Finalement, ces contraintes sont fortes et bien présentes, mais elles ne sont pas vraiment un frein complet à l’innovation. Elles influencent surtout le timing et la manière de faire. Et parfois, plus la contrainte est forte, plus l’opportunité l’est aussi. On peut gagner sur l’environnement, mais aussi sur l’efficacité industrielle, les coûts, et même déboucher sur des opportunités de marchés.

Par ailleurs, il y a aussi un enjeu de ressources. Les métaux critiques sont une réelle problématique et dans cette perspective, le recyclage et les mines urbaines deviennent stratégiques et constituent une réelle opportunité. Ce qui compte, c’est d’avoir un cadre stable et prévisible et aussi de rester vigilant à l’effet rebond car un produit peut devenir tellement performant qu’on va l’utiliser beaucoup plus et diminuer le bénéfice initial. »

P.M. : « On oppose souvent environnement et rentabilité, mais sur le terrain, l’innovation environnementale peut justement créer de la performance. On utilise moins de ressources, on améliore les process et on se différencie. Mais il y a aussi des succès qui sont moins visibles. Chez Castel, par exemple, l’économie circulaire est très concrète, on revalorise des coproduits et ce qu’on récupère peut parfois valoir plus que la matière d’origine. »

I.Z. : « Je dirais même que, finalement, la performance industrielle et la performance environnementale ne s’opposent plus comme il y a 15 ou 20 ans, elles sont devenues complémentaires. »

D.J. : « C’est pour cette raison que nous, avec ukko, quand on vend des énergies vertes à prix fixe, c’est parce que l’énergie verte à prix fixe est moins chère que l’énergie grise ; c’est donc un bénéfice sur la facture finale. L’un va avec l’autre. »

R.C. : « On a parlé de résistance au changement, mais l’adhésion est une notion clé. Sans adhésion en interne, chez les partenaires et surtout chez les clients, l’innovation ne prend pas. En construction, si je travaille sur le béton ou l’acier, le client ne le voit pas. Il faut rendre l’innovation compréhensible et utile, notamment sur l’énergie. Aujourd’hui, un acheteur regarde le PEB, puis ça s’arrête souvent là. Parler flexibilité, stockage ou partage d’énergie, c’est encore trop technique. On a donc construit des bases factuelles. »

Avec le projet TPEE (Thomas&Piron Efficacité Energétique), on monitore environ 250 logements pour comparer les performances réelles, pas des consommations basées sur des outils réglementaires comme la PEB qui n’ont jamais été des outils de conception. À partir de là, on développe des services, une meilleure maintenance, une répartition des charges plus juste, des conseils au client sur sa consommation, etc… L’idée, c’est de penser dès l’étude au coût total pour l’utilisateur, pour éviter un décalage entre ce qu’on conçoit et ce que le client vit. »

Comment obtenir l’adhésion dans les équipes en interne et travailler de manière transversale sur la durabilité ?

R.C. : « Dans notre entreprise, le socle de compétences est vaste : nous avons des juristes, des ingénieurs, du personnel de chantier… Il faut pouvoir travailler de manière transversale, avoir un message d’entreprise clair, des moments d’information, et surtout aller au plus près des métiers. Demander où sont les freins, comment les lever ensemble et travailler sur des objectifs communs. On doit aborder les process de façon agile et sensibiliser aussi les talents qui arrivent. Il y a une attente forte des jeunes talents pour qui le sens compte autant que la qualité de vie au travail. »

Êtes-vous optimistes par rapport à ce mouvement des entreprises vers le durable ?

I.Z. : « Je suis plutôt optimiste, surtout quand je vois des entreprises engagées dans des démarches structurées comme Factory of the Future. Parce qu’on parle d’environnement, mais on parle surtout d’humain. Sans sens, on aura beaucoup plus de difficulté à obtenir l’adhésion. Et clairement, il y a un changement de mentalité. Après le Covid, la quête de sens s’est renforcée et les jeunes s’engagent pour un job qui a du sens. Les entreprises doivent s’adapter, et beaucoup le font déjà. »

A.L. : « Je suis assez optimiste, parce qu’en Wallonie, on voit énormément d’innovations, dans le recyclage des matériaux de construction, dans les plastiques, dans les procédés. Il y a des exemples où l’innovation a même permis de maintenir des sites et de l’emploi. Mais il faut être lucide, si on n’est pas compétitifs, on se fait dépasser. On l’a vu dans le photovoltaïque, même avec des technologies plus performantes, une entreprise européenne peut tomber si le marché est inondé à bas prix. Et l’enjeu des ressources est énorme : il faut améliorer le tri, le recyclage, récupérer mieux nos métaux, c’est aussi une question de souveraineté industrielle. »

P.M. : « Optimiste, oui. D’abord parce qu’on se rend compte qu’on n’est pas seuls et ça aide. Mais optimiste aussi parce que les contraintes nous obligent à changer, on doit réussir à faire plus ou mieux avec ce qui existe. Et optimiste aussi parce qu’en Belgique et en Wallonie, il y a les compétences pour y arriver. Et, très personnellement, c’est gratifiant. Quand ça frotte, c’est plus difficile mais ça donne aussi l’énergie d’avancer. »

D.J. : « Je suis optimiste aussi. On a installé énormément de photovoltaïque, et aujourd’hui, en Wallonie, on a adapté les tarifs pour inciter à consommer quand le soleil produit. Si on déplace une partie de la consommation à ces moments-là, on utilise mieux l’énergie locale, on soulage le réseau et on accélère la transition. »

O.L. : « Oui, optimiste, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que si vous n’êtes pas optimiste, vous n’êtes pas entrepreneur. Ensuite, les entreprises bougent aussi par intérêt. La durabilité devient un enjeu de compétitivité et les jeunes qui arrivent sur le marché du travail portent des valeurs fortes. Et puis, au niveau macro, on n’a pas d’alternative, si on veut garder notre modèle social, il faut une industrie compétitive. Sans industrie, il n’y a pas de service en Belgique. »

R.C. : « Moi je suis optimiste pour l’implémentation de solutions, pour aller vers quelque chose qui est plus respectueux de l’environnement, en produits, en services et en utilisation énergétique. Mais notre grand défi dans la construction, c’est de conserver l’accessibilité au logement. Pour y arriver, il faut que toute la chaîne de valeur avance ensemble. Et il faut aussi plus de stabilité et d’anticipation dans les textes. Si les règles arrivent trop tard, le secteur n’a pas le temps de se préparer. Il y a un message à adresser aux politiques : « travaillez avec les secteurs, travaillez avec les industries, ne restez pas en vase clos, quand vous mettez en place des textes, c’est important de construire demain ensemble y compris sur les aspects règlementaires. »

(Débat animé par Frédéric Van Vlodorp – propos recueillis par France Deuse – photo: Patrick Moriamé)

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