Le taux d’emploi continue de progresser dans la province de Namur, atteignant désormais 71,1 % des personnes en âge de travailler. Les travailleurs de 55 ans et plus affichent une hausse particulièrement marquée, tandis que l’écart d’emploi entre hommes et femmes se réduit encore. Malgré cette dynamique positive, l’augmentation du chômage et surtout du chômage de longue durée constitue un signal d’alerte pour le marché du travail namurois.
Le marché de l’emploi namurois poursuit une évolution favorable. Selon une analyse d’Acerta basée sur les données d’Eurostat, 71,1 % des personnes en âge de travailler dans la province de Namur étaient actives fin 2025, soit une hausse de 1,1 % par rapport à 2024. Sur cinq ans, la progression atteint 5 %, et 12,3 % sur dix ans. La province se situe ainsi au-dessus de la moyenne wallonne, où le taux d’emploi s’établit à 67,9 %, mais légèrement en dessous de la moyenne belge, fixée à 72,8 %.
Les 55 ans et plus davantage actifs
La progression est particulièrement marquée chez les travailleurs de 55 ans et plus. Leur taux d’emploi atteint 59,7 % dans la province, en hausse de 2,9 % sur un an. Cette évolution contraste avec la moyenne wallonne, en recul de 0,6 % sur la même période.
Pour Lionel Badet, Senior Consultant RH chez Acerta, cette tendance confirme que « le fait de travailler plus longtemps devient progressivement une réalité ». Il souligne toutefois la nécessité, pour les employeurs, de développer des politiques de carrière durables, combinant travail faisable, formation, mobilité interne et attention au bien-être.
Un écart hommes-femmes très réduit
Le taux d’emploi progresse aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En 2025, il augmente de 1 % chez les hommes et de 1,3 % chez les femmes. Résultat : l’écart d’emploi entre les deux groupes continue de se réduire, pour atteindre 1,6 point de pourcentage. La province de Namur affiche ainsi la plus faible différence hommes-femmes de toutes les provinces belges.
Le taux d’emploi des non-Belges progresse également fortement, à 62,1 %, soit une hausse de 9,9 % par rapport à 2024. Il reste toutefois inférieur à la moyenne belge, mais supérieur à la moyenne wallonne.
Les personnes peu qualifiées en recul
L’analyse met en évidence un signal moins favorable pour les personnes peu qualifiées. Leur taux d’emploi chute de 4,1 % en un an, à 39,8 %. Ce niveau reste inférieur aux moyennes wallonne et belge. À l’inverse, 87,2 % des personnes hautement qualifiées à Namur étaient actives en 2025.
Parallèlement, le chômage augmente. Le taux de chômage atteint 7,4 % dans la province, contre 6,2 % en 2024. Il rejoint ainsi la moyenne wallonne et dépasse la moyenne belge, établie à 5,8 %.
La situation des chômeurs de longue durée constitue le principal point d’attention. Leur part dans le chômage total est passée de 40,3 % à 47,3 % en un an, un niveau supérieur aux moyennes belge et wallonne. Pour Acerta, l’activation, le recyclage et une meilleure adéquation entre l’offre et la demande restent essentiels.

