À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Olivier Cornil et Claude Grandjean, respectivement CEO et COO de Size+ (Namur), une société spécialisée dans l’automatisation et l’intelligence artificielle, qui accompagne les acteurs de l’immobilier, de la construction et des infrastructures dans leur transformation numérique.
Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?
« Nous sommes une société de services digitaux, active depuis 1992, en transformation numérique continue depuis 2016. Nous utilisons notre expertise et le digital pour enlever la charge mentale de nos clients, acteurs d’infrastructures, de l’immobilier et de la construction, grâce à l’automatisation digitale et l’intelligence artificielle. Une dizaine de projets sont en cours. Nous nous adressons à des entrepreneurs et des PME en Wallonie, Bruxelles et au Luxembourg. Nous travaillons avec un collectif d’une quarantaine de freelances. »
Quelle est l’origine du projet ?
« En 2016, on subissait fortement la concurrence de grands groupes. Notre objectif a été de monter dans la chaîne de valeur, en délivrant plus de valeur ajoutée et en amenant de l’innovation digitale. »
Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?
« Nous avons essentiellement trois piliers : mesure de l’activité et des processus avec de la data, industrialisation du traitement de dossiers administratifs en grands volumes, et automatisation et standardisation qui permettent d’absorber plus de demandes sans augmenter proportionnellement les ressources en intégrant l’IA générative là où elle apporte du gain. Le tout avec de la data comme carburant (données internes, open source). La géolocalisation est automatisée. Nos clients sont à la fois des B2C et des B2B, gestionnaires d’infrastructures, installateurs de bornes de recharge, opérateurs de téléphonie mobile… On vient de terminer une commande dans l’aérospatiale. Des particuliers viennent également à nous parce qu’ils ont des problèmes urbanistiques. »
Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?
« Depuis 2016, nous sommes en croissance constante. À partir du moment où nous sommes entrés dans l’automatisation et la digitalisation, nous avons réalisé de l’ordre de 30 % de croissance par an environ, avec un ralentissement temporaire lié aux investissements dans l’équipe de développement et dans l’intelligence artificielle. »
Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?
« On voit une augmentation de notre chiffre d’affaires et une maîtrise de nos marges de manière constante. Notre modèle est autofinancé, pas de levée de fonds, investissements sur fonds propres. Le retour sur investissement est visible avec une qualité de vie plus conforme, du temps libéré et un meilleur pilotage de l’activité. »
Quelles conséquences ce changement a-t-il eu sur le facteur humain et organisationnel ?
« Ce que nous avons mis en place enlève de la charge mentale à nos équipes. C’est aussi une remise en cause de toutes les croyances établies. Cela demande en permanence de convaincre, d’expliquer pourquoi on fait les choses, d’expliquer à nos clients aussi ce qu’on est capable de faire. Toutes les croyances sont limitantes et on doit vaincre cela, notamment au niveau des implantations digitales. »
Quelles sont les prochaines étapes du projet digital ?
« Dernièrement, j’ai été chez Google (à Bruxelles) en compagnie de 60 personnes triées sur le volet. Le thème était les avancées au niveau de l’IA. Mon constat : on ne maîtrise pas encore à quelle vitesse cela va évoluer dans les 10 prochaines années. Les innovations vont aller à une vitesse assez folle. »
Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs qui voudraient se mettre au digital ?
« Trois conseils. Ne pas avoir peur, accepter que la transformation soit nécessaire. Se faire confiance, clarifier ce qu’on veut obtenir avant de parler technique. Avancer pas à pas, convaincre ses équipes, travailler sur les croyances limitantes et faire porter le changement par la direction. »

