En 2025, la société 2BeGood avait franchi un cap symbolique avec un chiffre d’affaires d’un million d’euros et une équipe de huit collaborateurs. Un an plus tard, la dynamique se confirme : sur l’exercice 2026, la société affiche encore une belle progression par rapport à ce résultat, dans la continuité d’une croissance à deux chiffres enregistrée chaque année depuis sa création.
Fondée en 2017 à Liège, 2BeGood s’est imposée en quelques années comme un acteur reconnu du recrutement, de la sélection et de l’outplacement, en misant sur un positionnement à contre-courant : croissance organique, forte proximité client et complémentarité des métiers.
À l’origine du projet, Pierre Pinard, fondateur et CEO, revendique un parcours sans détour. « J’ai toujours travaillé dans le recrutement, je n’ai jamais souhaité en faire un autre » rappelle-t-il. Après plusieurs années comme salarié, notamment à des postes de direction opérationnelle, il choisit de créer sa propre structure. « J’ai toujours préféré les petites organisations, non pas par rejet des grandes, mais parce qu’elles permettent un niveau de qualité, de suivi et de proximité avec les collègues, les candidats et les clients plus élevé » explique celui pour qui le recrutement reste un métier de rencontres : « C’est impossible de le faire “à la chaîne”, parce qu’il n’y a jamais deux profils identiques : les aspirations, les motivations, les compétences, tout change à chaque fois. »
Double approche
Le cœur du modèle 2BeGood repose sur une articulation volontaire entre recrutement et outplacement, deux activités souvent séparées. « Le recrutement évolue très vite : outils, techniques, pratiques. L’outplacement, lui, permet d’aller plus en profondeur dans la compréhension du rapport au travail » analyse Pierre Pinard.
Selon lui, cette double approche renforce la pertinence du conseil délivré aux entreprises comme aux candidats. « L’un nourrit l’autre. Cela nous permet d’expliquer plus justement comment fonctionne le marché du travail dans sa globalité aujourd’hui. »
Sur le plan économique, 2BeGood affiche une croissance progressive et assumée.
« Nous ne cherchons pas une croissance exponentielle. Nous recrutons une personne supplémentaire par an, et 2026 n’a pas fait exception » souligne le dirigeant. L’entreprise met en avant un faible turnover, perçu comme un indicateur de robustesse interne. « Toutes les personnes que nous avons engagées sont toujours là ».
Installée à Angleur depuis deux ans maintenant, l’entreprise a voulu des espaces de travail pensés comme un lieu de vie : « On voulait une vraie maison, que les gens se sentent comme à la maison : de la place, un jardin, et un ancrage en ville. »
La clientèle se compose majoritairement d’acteurs régionaux : 75 % des clients sont situés en province de Liège, dont environ 65 % de PME, complétés par des grands groupes industriels, logistiques ou de services, ainsi que des institutions publiques aussi à Namur, dans le Brabant wallon, à Bruxelles et au Luxembourg. Cette diversité permet à 2BeGood d’intervenir sur des profils variés, de cadres à dirigeants, et de répondre à des appels d’offres publics comme privés.
Pierre Pinard est aussi fier de compter des références autant dans des petites PME discrètes que dans des enseignes connues (Liege Airport, Safran, Prayon, Qu4tre,…).
Tendances du marché
Le positionnement “chasseur de têtes” s’est renforcé avec la pénurie de main-d’œuvre observée depuis plusieurs années. « Avant, les candidats venaient à nous. Depuis 2015-2017, il faut aller les chercher » rappelle Pierre Pinard. L’entreprise combine réseau de terrain et outils digitaux, tout en revendiquant une approche prudente. « Étant un acteur local, notre réputation est essentielle. Il est hors de question de survendre un poste ou une entreprise. »
Le marché de l’emploi connaît toutefois une phase de transition. « Nous observons à la fois plus de recrutements et plus de licenciements » constate le CEO. Un phénomène qu’il qualifie de déroutant : « Ce n’est pas le schéma classique des périodes de crise. Certaines entreprises réajustent après avoir beaucoup recruté durant la pénurie, tout en maintenant des projets actifs. »
Cette dynamique se traduit concrètement par une forte hausse des demandes d’outplacement, une tendance amorcée au second semestre 2025 et qui s’est confirmée depuis.
Sur le plan régional, Pierre Pinard se montre relativement confiant. « J’ai le sentiment que la Wallonie, et Liège en particulier, résistent plutôt bien » estime-t-il, citant la logistique, la défense et l’aéronautique comme moteurs économiques locaux encore solides.
À moyen terme, 2BeGood entend poursuivre son développement sans rupture de modèle. « Je suis plus fier de la qualité des retours candidats que du chiffre d’affaires, même si nous réalisons une nouvelle fois une croissance à deux chiffres cette année, de l’ordre de 50 % » conclut Pierre Pinard, résumant une stratégie où la performance économique reste indissociable de la crédibilité sur le marché.

