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Scientifiques, acteurs publics et entreprises mobilisés pour le télescope Einstein

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Différents acteurs de l’écosystème wallon ont signé un engagement collectif pour faire de ce projet une réussite internationale. (Photo Greg Bugni)

Plus de 220 acteurs de l’écosystème wallon ont participé, hier soir au Val Benoît à Liège, à un événement autour de la candidature de l’Euregio-Meuse-Rhin pour accueillir le Télescope Einstein.
Cette infrastructure sera le plus grand observatoire mondial d’ondes gravitationnelles ; un projet révolutionnaire qui pourrait permettre de mieux comprendre le Big Bang grâce à des installations intégrées notamment dans tunnel de forme triangulaire de 10 km de côté.

« Cette candidature incarne une vision, une ambition et une opportunité » a rappelé le ministre wallon de l’économie, Pierre-Yves Jeholet, pour souligner l’importance de ce projet. « L’objectif est d’impliquer 1000 entreprises dont 200 wallonnes » a ajouté Michel Stassart, directeur de projet de la task force wallonne. Certaines d’entre elles, comme Mecasoft et Amos, sont déjà parties prenantes dans les développements technologiques.

L’exemple du CERN

Pour illustrer les enjeux et les retombées potentielles d’un tel projet, les organisateurs (GRE Liège et AKT – CCI LVN) avaient invité un responsable du CERN, Jean-Philippe Tock, de retour sur les lieux de ses études. Basé à Genève et fondé en 1954, le laboratoire européen de physique des particules est une référence mondiale. Il a pour mission la recherche fondamentale : physiciens et ingénieurs utilisent les instruments scientifiques les plus puissants et les plus complexes pour étudier les constituants les plus petits qu’on trouve dans la nature, les particules élémentaires, afin de découvrir comment fonctionne notre monde et l’Univers. 

Chaque jour, plus de 10.000 personnes franchissent la porte d’un des sites du CERN. Il est entouré de parcs d’entreprises déployés sur des dizaines d’hectares.
Sans même parler des retombées scientifiques, le CERN génère à chaque phase de ses développement des retombées innombrables pour les entreprises dans des domaines très variés : génie civil, construction, refroidissement, ventilation, électricité, sécurité, informatique, robotique, logistique, finances, ressources humaines, hôtellerie, cryogénie, etc.

Plus anecdotique, les participants à la soirée ont appris que Focant, en province de Luxembourg, avait failli être préféré à Genève pour l’implantation de ces gigantesques infrastructures symbolisées par ces fameux anneaux souterrains allant jusqu’à une circonférence de 27 km.

Jean-Philippe Tock a également souligné la dimension pédagogique du projet : le Portail de la science, le nouveau centre d’éducation et de communication grand public du CERN, a ainsi accueilli 750.000 visiteurs en moins de deux ans.

« Le Télescope Einstein a tout pour être un porte-drapeau pour inciter les jeunes à rejoindre les filières d’études scientifiques et à attirer les talents » a relevé François Lepot, CEO de Safran Aero Booster, au cours d’une des tables rondes qui ont réuni principalement des dirigeants d’entreprises et des scientifiques.

Prochaines échéances

Bref, un vent d’enthousiasme a parcouru le Val Benoît hier soir. Encore faut-il que l’Euregio Meuse-Rhin soit choisi par rapport à son concurrent, la Sardaigne qui sera peut-être rejointe par la région de Saxe. L’Allemagne n’a en effet pas encore choisi entre la Rhénanie Westphalie, qui pourrait se rallier à la candidature belgo-néerlandaise, et la Saxe. Ce sont des Etats qui prendront la décision.

Les Wallons ont en tout cas montré que la Wallonie recèle les atouts suffisants (territoire au sous-sol idéal, universités, centres de recherche, acteurs industriels, cofinancements, logistique, etc.) pour embrasser un tel projet. Il importe de continuer à le (dé)montrer mais aussi et surtout à faire jouer la diplomatie pour rallier les votes suffisants. L’échéance du dépôt de candidature a été reporté d’un an, à mi-2027, pour une décision attendue à la fin de la même année.

Le succès repose aussi bien évidemment sur une collaboration accrue entre les régions actuellement porteuses de la candidature au sein de l’Euregio Meuse-Rhin, et sur une adhésion très large des différents acteurs, comme l’a montré la soirée d’hier, mais également de la population.  

De gauche à droite, Pierre Castelain et Jean-Christophe Peterkenne (GRE Liège), le ministre Pierre-Yves Jeholet et Pierre Mottet (AKT). (Photo Greg Bugni)

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