Dans un monde du travail de plus en plus flexible, où la frontière entre vie professionnelle et personnelle devient floue, les heures supplémentaires s’imposent comme une réalité pour de nombreux travailleurs. Entre pression des délais, surcharge de travail ou simple habitude de “terminer ce qui reste”, prolonger sa journée est devenu courant.
C’est ce que confirme une enquête menée par Protime : 32 % des Belges effectuent des heures supplémentaires au moins chaque semaine, et 5 % y sont confrontés presque quotidiennement. À l’inverse, seuls 16 % des travailleurs déclarent ne jamais en faire.
Un suivi encore trop limité malgré ses avantages
Si les heures supplémentaires sont fréquentes, leur enregistrement reste inégal. Un peu plus de la moitié des travailleurs concernés (55 %) indiquent qu’elles sont souvent ou toujours consignées, tandis qu’un tiers (33 %) affirme qu’elles le sont rarement, voire jamais.
Ce manque de suivi a des conséquences directes. Dans certains cas, les responsables hiérarchiques ne sont même pas informés : pour 16 % des travailleurs, leur supérieur ignore totalement les heures prestées en plus. Pour 23 %, il en a connaissance sans en mesurer précisément l’ampleur.
Pourtant, les bénéfices de l’enregistrement du temps de travail sont largement reconnus. Plus de la moitié des travailleurs (55 %) estiment qu’il permet de limiter les heures supplémentaires, et près de sept sur dix (69 %) considèrent qu’il facilite leur compensation.
« Une meilleure visibilité du temps de travail permet de mieux répartir la charge et d’identifier les causes des heures supplémentaires structurelles », explique Florent Bovicelli, porte-parole de Protime.
Les chiffres confirment cet impact : lorsque le temps de travail est suivi, 31 % des travailleurs prestent des heures supplémentaires chaque semaine. Ce taux grimpe à 57 % en l’absence d’enregistrement.
Au-delà de l’organisation du travail, la question des heures supplémentaires touche aussi à la santé. Selon Lode Godderis, le risque dépend fortement du contexte : autonomie, pression, soutien et possibilités de récupération. Mais il met en garde : au-delà de 50 à 55 heures de travail par semaine, le risque de troubles de santé mentale augmente, surtout lorsque cette situation s’installe dans la durée.
Dans ce contexte, mieux suivre et encadrer les heures supplémentaires apparaît comme un enjeu clé, à la fois pour le bien-être des travailleurs et pour une organisation du travail plus équilibrée.

