À l’occasion de la 8e édition de son programme Prototyping the Future, la Fondation pour les Générations Futures a soutenu 19 projets innovants en phase de prototypage. Dotés de bourses pouvant atteindre 5.000 euros, ces projets couvrent des domaines variés tels que l’énergie, l’économie circulaire, la santé, l’aide humanitaire ou encore la création artistique. L’objectif : aider de jeunes entrepreneurs à transformer leurs idées en solutions concrètes et durables.
En ciblant les toutes premières étapes du développement entrepreneurial, la Fondation pour les Générations Futures occupe un créneau encore peu investi par les financeurs publics et privés. Son programme Prototyping the Future accompagne des étudiants-entrepreneurs qui développent un produit, un service ou une technique à impact sociétal positif, à un moment où les projets restent souvent trop immatures pour attirer des investisseurs traditionnels.
Pour cette édition 2026, 44 candidatures ont été soumises au jury présidé par Marcel Miller, ancien Managing Director d’Alstom Benelux. Dix-neuf initiatives ont finalement été retenues et bénéficieront d’une bourse pouvant atteindre 5.000 euros afin de franchir une étape décisive vers leur mise sur le marché.
Des solutions durables dans des secteurs variés
Parmi les projets récompensés figure Living Sculptures, porté par Anaïs Stradiot. À la croisée de l’art et de l’innovation environnementale, ce concept repose sur des sculptures intégrant des microalgues capables de capter le CO₂ et de purifier l’air. L’objectif est de rendre visibles des phénomènes naturels comme la photosynthèse tout en réintroduisant le vivant dans les espaces du quotidien.
Dans le domaine de l’énergie, YesPartner, développé par Emma Vandroogenbroek et Elise Rojas Rodriguez, propose une plateforme destinée à faciliter la création et la gestion de communautés d’énergie renouvelable. Le projet vise à encourager le partage local de l’électricité produite par les citoyens, les entreprises et les collectivités.
Le secteur de la construction est également représenté avec PaintCare, imaginé par Martin Ceulers. Cette solution automatise le nettoyage des rouleaux de peinture, une opération souvent chronophage et génératrice d’eaux usées polluées. L’ambition est d’améliorer les conditions de travail tout en réduisant l’impact environnemental du secteur.
Autre exemple d’économie circulaire, Ankré transforme des voiles de bateaux usagées en objets du quotidien. Le projet, porté par Laurent Demaret, Dorian Romain, Jean Marievoet et Romane Wilmus, associe réduction des déchets et impact social grâce à une production réalisée en atelier protégé en Belgique.
Enfin, Heliops, développé par Loïc Gras, explore une alternative aux générateurs diesel utilisés dans les premiers jours des interventions humanitaires. Le projet repose sur un module photovoltaïque léger et facilement déployable dans les zones de crise.
Découvrez les autres projets soutenus en 2026 ici.
Un soutien à un stade critique du développement
Lancée en 2019, l’initiative Prototyping the Future intervient à un moment particulièrement délicat pour les porteurs de projets. Entre l’idée initiale et la commercialisation, la phase de prototypage nécessite des ressources financières alors même que les preuves de faisabilité restent limitées.
La Fondation souligne que peu d’acteurs acceptent aujourd’hui de financer ce niveau de risque. Son intervention vise donc à créer un effet de levier permettant aux jeunes entrepreneurs de transformer une première ébauche en solution concrète.
Au-delà du soutien financier, les lauréats bénéficient également d’un accompagnement et d’un accès à un réseau d’experts. Casimir Morobé, fondateur de Toqua et lauréat de l’édition 2021, souligne notamment l’importance des conseils reçus du jury et de la visibilité offerte par la Fondation lors des premières étapes de son développement.
Un tremplin vers la création d’entreprise
Selon les chiffres communiqués par la Fondation, 80 prototypes ont été soutenus depuis la création du programme. Parmi eux, 70 % sont toujours actifs aujourd’hui et 53 % ont évolué vers une structure entrepreneuriale.
L’exemple d’Ecopoon illustre cette dynamique. Son fondateur, Maxime Vanderheyden, explique que la bourse obtenue en 2020 a permis de financer les premiers outils de production, avant qu’un prêt SE’nSE de 25.000 euros ne vienne soutenir un passage à l’échelle l’année suivante.
Une initiative née d’une histoire personnelle
Le programme trouve son origine dans le Fonds Albert Vanhee pour les Générations Futures, créé par Marguerite Vanhee en hommage à son père. Technicien en imprimerie, celui-ci n’avait pas pu protéger une invention faute de moyens financiers.
À travers ce fonds, la fondatrice a souhaité offrir à de jeunes innovateurs les ressources nécessaires pour concrétiser leurs idées tout en conservant la maîtrise de leurs projets. « Soutenir ces jeunes passionnés, les voir avancer, concrétiser leurs idées… c’est profondément inspirant », souligne-t-elle.
Un financement soutenu par plusieurs partenaires
Les bourses attribuées aux 19 lauréats de l’édition 2026 sont financées grâce au Fonds Albert Vanhee pour les Générations Futures et à Helios Foundation. Le programme bénéficie également du soutien de la Loterie Nationale, de la Région wallonne, de Wallonie Entreprendre, du Gouvernement flamand, de Bruxelles Environnement, de Shifting Economy et d’Action en Or.
Créée en 1998 et reconnue d’utilité publique, la Fondation pour les Générations Futures accompagne en Belgique et à l’international une nouvelle génération de chercheurs, entrepreneurs et innovateurs dont les projets répondent simultanément aux enjeux écologiques, sociaux, économiques et démocratiques.

