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Didier Zovi (Euro Fides) : « l’IA permet de convertir un plus grand nombre d’entreprises »

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Didier Zovi, administrateur délégué d'Euro Fides.

À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Didier Zovi, administrateur délégué d’Euro Fides, une entreprise de recouvrement de créances à l’amiable située à Rocourt.

Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?

« Depuis 1981, nous sommes une entreprise de recouvrement de créances à l’amiable. Nous sommes là pour améliorer la trésorerie des entreprises tout en évitant au débiteur la procédure judiciaire. »

Quelle est l’origine du projet ?

« Aucun problème business ou commercial n’est à l’origine du projet. Il est lié aux valeurs de l’entreprise qui prônent notamment l’innovation. Je veux garder une longueur d’avance sur les concurrents dont certains pratiquent de la concurrence déloyale. Les avantages de l’IA permettent de pallier partiellement ce problème. L’innovation a été pensée à la fois en interne et co-construite avec des partenaires. Une partie vient de mon intérêt et ma curiosité pour les nouvelles technologies. J’ai vite fait des liens avec ce qu’elles peuvent nous apporter. Nous avons aussi des partenaires externes qui nous guident et conseillent dans les développements à réaliser. »

Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?

« Principalement de l’intelligence artificielle. »

Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?

« L’IA permet de contacter et de convertir un plus grand nombre d’entreprises, plus facilement et plus rapidement. Il y a du gain de temps, de l’amélioration du taux de transformation, pas nécessairement de la montée en gamme. La différenciation perçue par les prospects est finalement assez faible. Et quand ils le remarquent, nous montrons ainsi que nous sommes une entreprise à la pointe de la technologie, aussi pour les services que nous leur rendrons par la suite. »

Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?

« Concrètement, on n’en a pas encore obtenu. Les développements ont un coût qui peut être amorti en quelques mois ou un peu plus d’un an, en fonction du projet. Parmi les indicateurs de performance et les suivis, il y a les taux de cohérence de l’IA. Par exemple, pour la gestion des mails, l’IA permet d’en traiter davantage. Nous avons dû ajuster les règles métier. Par exemple, pour un plan d’apurement de 12 mois, il faut donner beaucoup de détails à l’IA pour qu’elle puisse traiter le cas. Ce qui a bien fonctionné : l’intégration de OpenAI dans Azure, le scoring des débiteurs, la gestion des mails, le traitement des enregistrements des appels téléphoniques. Tout cela a réellement généré un gain de temps. »

Quelles conséquences ce changement a-t-il eu sur le facteur humain et organisationnel ?

« Nous employons environ 100 personnes, dont la moitié est constituée de salariés de bureau et l’autre moitié de conciliateurs qui font les visites domiciliaires, chez les débiteurs pour proposer des solutions de paiement. L’implication des équipes est très bonne, très importante. Nous avons accompagné le changement avec des formations, des explications sur ce que l’IA peut faire ou pas. La place du leadership dans le projet est d’agir comme un guide avec un suivi des projets, d’être à la jonction entre les développeurs et le terrain. »

Quelles sont les prochaines étapes du projet digital ?

« Nous commençons à travailler sur des agents IA pour exécuter des tâches un peu plus complexes. À moyen terme, nous envisageons des RAG, un ensemble d’agents IA. »

Quels conseils donneriez-vous à d’autres entreprises ?

« De ne pas avoir peur de se lancer. D’être bien conscient que le premier développement et le paramétrage prennent du temps et que le développement a un coût. De bien réfléchir à l’intégration. De se faire bien accompagner par de vrais experts. D’accepter que l’IA ne fasse pas tout, et d’être conscient du risque d’erreurs. »

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