Dans un contexte européen marqué par le ralentissement des investissements étrangers, la Belgique conserve sa 8e place parmi les destinations les plus attractives. L’édition 2026 du Baromètre EY livre un constat nuancé : notre pays accueille moins de projets, mais ceux qui se concrétisent créent davantage d’emplois.
Une tendance qui touche l’Europe
En 2025, la Belgique a enregistré 185 projets d’investissements directs étrangers, soit une baisse de 11 %. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large : les IDE diminuent de 7 % sur le continent, dans un climat marqué par les tensions géopolitiques, la pression sur les coûts et l’incertitude économique.
« Le recul belge doit se lire dans un contexte européen particulièrement difficile », souligne Marie-Laure Moreau, Associée et responsable du marché francophone chez EY Belgique. « Les grandes économies d’Europe occidentale suivent la même trajectoire. L’enjeu est donc de comprendre comment la Belgique peut rester compétitive ».
La France recule de 17 %, le Royaume-Uni de 14 % et l’Allemagne de 10 %. À l’inverse, l’Espagne, la Pologne ou la Turquie progressent. Dans un marché tendu, les territoires où la main-d’œuvre, l’énergie ou les charges pèsent moins lourd gagnent du terrain.
La valeur ajoutée comme levier d’attractivité
Pour la Belgique, le cap est clair : miser sur ses atouts plutôt que sur une concurrence par les prix. Sa position au cœur de l’Europe, ses ports, ses aéroports, son réseau logistique, ses infrastructures, ses centres de recherche et la qualité de sa main-d’œuvre constituent des leviers essentiels pour attirer des investissements à plus forte valeur ajoutée.
« La Belgique ne doit pas chercher à concurrencer sur les coûts », rappelle Marie-Laure Moreau. « Sa force est ailleurs : dans ses infrastructures, ses talents et son innovation. C’est sur cette base qu’elle peut continuer à attirer des investissements à haute valeur ajoutée ».
Des exemples récents l’illustrent. Google a annoncé un investissement supplémentaire de 5 milliards d’euros en Belgique pour développer ses infrastructures cloud et IA, notamment autour de Saint-Ghislain. En Flandre, Legend Biotech et Johnson & Johnson ont renforcé leurs capacités de production en thérapie cellulaire. Ces projets montrent que la Belgique reste capable d’attirer des activités exigeantes et fortement créatrices de valeur.
Le Baromètre confirme aussi l’impact de ces implantations sur l’emploi. Malgré la baisse du nombre d’investissements, les projets étrangers ont permis la création de 6 094 emplois, soit une hausse de 13 %. Cette progression constitue un signal positif après la chute observée en 2023.
Des atouts à consolider
L’industrie manufacturière reste l’un des principaux moteurs, avec 46 projets. Les services aux entreprises suivent avec 44 projets, devant la logistique, troisième avec 42 projets. Ces secteurs confirment le positionnement du pays : une économie ouverte, connectée, industrielle et capable d’accueillir des activités complexes.
Au-delà des chiffres, l’enquête de perception menée par EY livre un signal encourageant. 72 % des décideurs internationaux estiment que l’attractivité belge va augmenter dans les trois prochaines années, contre 60 % pour l’Europe. Notre pays conserve une image solide auprès des investisseurs.
Les défis restent identifiés : prix élevés de l’énergie, coûts salariaux, complexité réglementaire. Pour renforcer sa capacité d’attraction, la Belgique devra simplifier son environnement administratif, soutenir l’innovation, investir dans les secteurs stratégiques et préserver la qualité de son enseignement et de sa recherche.
Dans une économie où les coûts sont élevés, la compétence devient décisive. L’avenir de l’attractivité belge se jouera donc sur sa capacité à valoriser ses talents, ses infrastructures et son innovation.
Pour de plus amples informations sur le baromètre : 5 enseignements majeurs du Baromètre de l’Attractivité belge 2026 | EY – Belgique
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