À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Gaëtan Duyckaerts, directeur des opérations et du développement industriel au sein de l’entreprise Les Ateliers de l’Avenir (Grâce-Hollogne).
Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?
« Depuis deux ans, Les Ateliers de l’Avenir sont l’union de la société-mère Les Ateliers Dumonceau et de L’Atelier de l’Avenir. Ils comptent trois départements : une paletterie, une menuiserie et un département construction. Ils suivent trois fils conducteurs : donner du travail à des personnes porteuses de handicap, l’usage du bois pour fabriquer des produits d’emballage ou des parties de bâtiment ou des bâtiments complets en ossature en bois, et la circularité. »
Quelle est l’origine du projet ?
« En 2008, avec la crise économique, notre activité s’est ralentie. Avec plusieurs partenaires, on a alors déposé un projet de recherche pour créer notre propre système constructif en ossature en bois préfabriqué afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le métier nous a imposé de suivre l’innovation technologique. »
Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?
« Nous avons instauré l’usage d’outils 3D pour permettre de produire en atelier. Nous avons été labellisés par différents organismes. Entre l’outil de dessin, l’ERP, la ligne de production, un flux digital a été édifié pour pouvoir créer un projet, alimenter la production, la suivre, documenter le projet dans un ERP et aller vers les chantiers, les clients. C’est ainsi que toute une chaîne autour de ce projet de préfabrication d’ossature en bois s’est mise en place. »
Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?
« Cela fait quinze ans que nous sommes dans ce secteur. On s’est demandé comment on pouvait décentraliser un chantier et donc occuper davantage les ateliers pour limiter les impacts et le temps sur chantier. On a réfléchi à l’ensemble de la chaîne. On a développé nos propres systèmes, on a obtenu des brevets. On s’est ainsi positionné en précurseur dans la mouvance hors-site. Cela demande un peu plus de préparation et d’étude d’un projet avant qu’il n’arrive sur chantier. Mais avoir une plus-value renforce l’image et c’est un atout commercial. Avoir transité par des projets de recherche nous a permis d’être reconnus par le monde industriel. On travaille aujourd’hui à 98 % en B2B avec des entrepreneurs généraux sur des projets de moyenne taille. »
Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?
« De tels projets de recherche ou d’innovation technologique doivent avoir directement un impact pour notre personnel. Que l’ergonomie soit un peu adaptée, c’est normal. C’est notre mission première de développer les compétences de nos ouvriers. Il y a toujours eu cette réflexion d’intégrer l’humain derrière les projets. »
Quelles conséquences ce changement a-t-il eu sur le facteur humain et organisationnel ?
« Au départ, parmi nos ouvriers, peu sont menuisiers de formation. Ces personnes malentendantes sont venues parce que nous proposons des conditions adaptées pour elles et que le métier était intéressant. Aujourd’hui, d’anciens boulangers travaillent sur des machines à commandes numériques. Ils comprennent les plans, sont capables de faire fonctionner une machine et peuvent délivrer un produit de qualité pour le collègue suivant. Ces projets et cette expérience apportent une vraie richesse. »
Quelles sont les prochaines étapes du projet digital ?
« Nous sommes dans des projets pilotes avec certains acteurs locaux de la construction : comment favoriser l’attrait pour ce genre d’industrie, comment étoffer la chaîne d’aujourd’hui avec des technologies qui évoluent sans cesse et ne pas prendre de retard. Les projets ne manquent pas. »

