Selon une étude de la start-up belge Beljob, quelque 78.000 offres d’emploi seraient actuellement disponibles en Wallonie, bien au-delà des 41.000 postes diffusés par le Forem. L’analyse met en lumière l’importance croissante des réseaux sociaux dans les recrutements, où sont publiées 61 % des offres. Face à l’évolution des pratiques RH, le Forem et Beljob envisagent une collaboration visant à mieux capter les opportunités d’emploi et à renforcer la mise en relation entre entreprises et candidats.
Alors que le taux d’emploi wallon atteint actuellement 67,9 %, les acteurs publics et privés de l’emploi cherchent à mieux identifier les besoins du marché du travail afin d’augmenter durablement ce niveau. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’étude réalisée par Beljob, une start-up spécialisée dans l’analyse des données liées à l’emploi.
L’analyse, basée sur plusieurs millions de données brutes collectées sur les principaux canaux de recrutement – réseaux sociaux, plateformes d’emploi et sites internet d’entreprises –, estime à environ 78.000 le nombre d’offres actuellement disponibles en Wallonie. À titre de comparaison, le Forem diffuse aujourd’hui quelque 41.000 postes à pourvoir via ses différents canaux, alimentés notamment par ses partenariats et ses 92.198 entreprises clientes.
L’étude souligne également la place grandissante des réseaux sociaux dans les stratégies de recrutement des entreprises. Selon Beljob, 61 % des offres recensées y sont publiées. Le Forem apparaît quant à lui comme le deuxième canal de recrutement le plus utilisé en Wallonie, derrière les principales plateformes sociales généralistes.
Des secteurs toujours en forte demande
Les besoins en main-d’œuvre restent particulièrement marqués dans plusieurs secteurs clés de l’économie wallonne. L’industrie manufacturière, la construction et le commerce figurent parmi les domaines les plus représentés dans l’étude.
Parmi les profils les plus recherchés figurent les infirmiers, techniciens de surface, chauffeurs, techniciens de maintenance, opérateurs de production, couvreurs, électromécaniciens ainsi que les aides-soignants. Ces métiers reflètent les tensions persistantes observées dans plusieurs secteurs confrontés à des difficultés de recrutement.
Une collaboration pour mieux répondre aux besoins des entreprises
Au-delà de l’étude, Beljob développe des outils technologiques destinés aux acteurs de l’emploi, notamment en matière d’agrégation des offres, d’aide au matching et de suivi des parcours. Plusieurs CPAS utilisent déjà ces solutions dans le cadre de leurs missions d’insertion, tandis que d’autres déploiements sont actuellement à l’étude dans les secteurs public et privé.
Le Forem entend désormais s’appuyer sur cette expertise afin de mieux appréhender les nouvelles pratiques RH, particulièrement au sein des TPE et PME. L’objectif est de compléter la stratégie déjà engagée par l’organisme public, notamment à travers une présence renforcée de ses conseillers sur le terrain, l’adaptation de ses outils numériques aux attentes des employeurs et l’amélioration de la mise en relation entre candidats et recruteurs.
« Ce partenariat avec Beljob s’inscrit pleinement dans la dynamique de mes réformes : mieux comprendre les besoins du terrain, mieux capter les opportunités d’emploi et y répondre plus efficacement. Notre objectif est clair : faire du Forem un partenaire RH de référence, capable d’accompagner concrètement les entreprises dans leurs recrutements et (re)mobiliser les chercheurs d’emploi », souligne Pierre-Yves Jeholet, vice-président du Gouvernement wallon et ministre de l’Économie, de l’Industrie, de l’Emploi et de la Formation.
Pour Raymonde Yerna, administratrice générale du Forem, les résultats de l’étude confirment l’évolution rapide des pratiques de recrutement : « La bonne nouvelle, c’est que le Forem apparaît aujourd’hui comme le deuxième canal de recrutement privilégié en Wallonie. Notre ambition est claire : devenir le premier partenaire RH des entreprises wallonnes. »
Le défi des compétences
Au-delà de la visibilité des offres, la question de l’adéquation entre les profils disponibles et les besoins des entreprises demeure centrale. Le Forem rappelle qu’environ 40 % des chercheurs d’emploi wallons ne disposent pas du certificat d’enseignement secondaire supérieur (CESS) et que 46 % ne possèdent pas le permis de conduire.
Deux freins qui limitent l’accès à de nombreuses opportunités professionnelles, en particulier dans les métiers en pénurie. L’amélioration du taux d’emploi passe donc également par la montée en compétences des demandeurs d’emploi et par le développement de parcours permettant de répondre plus efficacement aux besoins réels du marché.
« Le marché de l’emploi reste marqué par un paradoxe profond. De nombreuses offres existent mais elles ne rencontrent pas toujours les personnes qui en ont besoin. Chez Beljob, nous voulons contribuer à réduire ce décalage en transformant la donnée brute du marché en intelligence utile et partagée », conclut Maxime Bollengier, CEO de Beljob.

