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Thomas Hellin (C&I Industrial Expert) : « remettre l’expert au cœur de son expertise »

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Thomas Hellin, cofondateur, responsable de l’innovation et des applications techniques chez C&I Industrial Expert.

À travers une galerie de portraits inspirants sélectionnés avec l’aide de l’Agence du Numérique, découvrez comment des entreprises de tous secteurs font du digital un véritable levier de croissance. Des parcours concrets, des choix stratégiques et des retours d’expérience qui montrent comment l’innovation peut renforcer l’attractivité et la performance. Aujourd’hui, rencontre avec Thomas Hellin, cofondateur, responsable de l’innovation et des applications techniques chez C&I Industrial Expert (Liège), une entreprise spécialisée dans le contrôle et le conseil en sécurité d’équipements industriels.

Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise ?

« Nous sommes une jeune société d’ingénieurs, une entreprise spécialisée dans le contrôle et le conseil en équipements industriels, fondée en 2024. En tant qu’experts compétents en matière de législation aux organismes agréés, nous intervenons en alternative pour assurer la conformité et la sécurité des équipements. Nos clients sont essentiellement des industriels. On inspecte des équipements de process, principalement des équipements qui vont contenir des fluides à transporter, comme des tanks, afin de valider leur intégrité mécanique. Nous intervenons dans toutes les étapes du processus. »

Quelle est l’origine du projet ?

« Avant de nous lancer dans le développement d’une solution digitale complète, nous avons répondu à l’appel à projets Tremplin IA dans le cadre du programme Digital Wallonia 4 AI. Cela nous a permis de réaliser un proof of concept afin de valider la faisabilité technique et l’intérêt opérationnel de notre solution. Ce projet représentait un budget certain dont 70 % ont été subsidiés par l’Agence du Numérique. Cette étape a été déterminante pour nous permettre de tester concrètement l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le contexte très spécifique de l’inspection industrielle. »

En quoi consiste ce projet ?

« Dans notre métier, le fait d’être entre le technique et le légal crée une complexité pour trouver des profils, ou alors ils sont très longs à former. Par ailleurs, on passe parfois une heure sur le terrain et, ensuite, plusieurs heures en administratif à rédiger des documents. On a voulu inverser cette tendance et remettre, au final, l’expert au cœur de son expertise et non plus en tant qu’exécutant administratif. L’autre problématique, très présente dans notre secteur, est que l’inspection crée des quantités astronomiques de données et celles-ci sont souvent inexploitables dans des rapports PDF. Ces problématiques nous ont donné la volonté de trouver une solution. »

Quel type d’innovation digitale avez-vous mis en place ?

« Notre solution ARIA est un système qui permet à l’inspecteur de dicter ses observations pendant l’inspection, d’y associer des photos prises sur le terrain, de structurer automatiquement les constats et de les communiquer. Toutes ces informations alimentent une base de données qui permet d’améliorer la gestion des inspections dans le temps. »

Quel impact commercial concret avez-vous constaté ?

« Aujourd’hui, l’impact commercial pour les clients est la rapidité au niveau de la structuration des rapports et de la standardisation de leur qualité. À terme, l’impact pour nous, ce sera surtout la possibilité, à partir des données, d’analyser les équipements plus critiques, de centraliser les efforts sur ces équipements, et donc de diminuer les coûts d’inspection. »

Quel retour sur investissement et apprentissages avez-vous obtenus ?

« Pas encore de retour sur investissement. On a commencé le projet l’année dernière. Aujourd’hui, on est toujours en train d’investir. Nous visons une réduction de 40 à 50 % du temps administratif, une amélioration de la standardisation des rapports et une meilleure traçabilité. »

Quelles conséquences ce changement a-t-il eu sur le facteur humain et organisationnel ?

« Nous sommes 6 personnes et 5 sur le terrain. C’est une évolution du métier. Avant, on passait plus de temps au bureau, aujourd’hui, on a plus de présence sur le terrain. »

Quelles sont les prochaines étapes du projet digital ?

« Le projet va évoluer dans l’analyse des résultats qu’on va obtenir. Il va nous permettre d’augmenter notre capacité à faire de la consultance. »

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