L’ancienne entreprise Hygi Panel, à Fernelmont, spécialisée dans les revêtements hygiéniques pour murs et plafonds destinés aux secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et médical et tombée en faillite en juin 2025, a été reprise en décembre dernier par deux jeunes entrepreneurs, Juan Sépulchre et Félix Bouckaert. À l’époque, l’entreprise occupait 17 personnes et réalisait un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros. Un manque de trésorerie au moment d’une commande d’une grosse machine a eu raison d’elle. Elle porte désormais le nom d’Hygipanel Group.
De l’artisanat à la pré-industrialisation
Amis d’enfance, les deux starters se complètent bien, Juan au background commercial et Félix plutôt financier. « Nous étions salariés et, il y a un an, nous avons décidé de chercher une société à reprendre », commence Juan Sépulchre, administrateur d’Hypanel Group, comme son associé Félix Bouckaert. « Quand on a entendu parler de la société, elle était déjà en faillite. On a décidé de la relancer. » S’ils partent aujourd’hui de zéro, les deux associés ne manquent pas d’ambition. « Assez rapidement, on a pu engager deux personnes. Nous voulons récupérer le rythme d’avant et l’augmenter. » Dans l’ancienne société, tout était réalisé de manière artisanale. « Notre projet est d’industrialiser le procédé, plus précisément de le pré-industrialiser. Pour ce faire, on a développé un outil de production beaucoup plus efficient. Un peu comme si on avait repris un mémoire et mis en application. À l’époque de l’ancienne entreprise, la production maximale de panneaux était de 38 000 m². Aujourd’hui, grâce à la machine de production, on va pouvoir en produire plus de 200 000 m². » Si l’ancienne société avait déjà entamé ce projet, les deux entrepreneurs ont investi pour terminer cette installation. « Désormais, ce procédé est entièrement automatisé. C’est le même qu’auparavant, mais amélioré avec une meilleure utilisation des matières premières et un contrôle sur la qualité du produit. Nous avons été fortement aidés par Sirris pour nous accompagner sur la finalisation de cette industrialisation. »
Le projet a également été conçu pour pouvoir y intégrer par la suite de l’intelligence artificielle. « Le but étant de pouvoir transformer un plan de chantier en plaques sans devoir le faire manuellement. On intègre déjà nous-mêmes l’IA dans nos programmes financiers et administratifs afin de supprimer les tâches chronophages. »
Augmenter les ventes
Si, jusqu’à présent, l’entreprise a vendu les stocks, aujourd’hui, elle produit pour répondre aux commandes. Qui sont les acheteurs ? « Essentiellement des intermédiaires, sinon directement des clients finaux, en Belgique et en France où l’ancienne entreprise réalisait 70 % de son chiffre d’affaires. Actuellement, comme nous ne sommes que deux associés et deux ouvriers, on se concentre sur le marché belge, tout en réalisant des devis pour la France. »
Quel est le premier challenge ? « Il est surtout commercial grâce à notre outil de production beaucoup plus performant. Avec lui, on va pouvoir produire énormément, mais aujourd’hui nous devons d’abord créer la demande. A partir de septembre, nous allons engager des commerciaux en Belgique, avec l’idée d’en engager aussi en France car la société est connue dans le domaine de l’hygiène. L’un de ces commerciaux pourrait aller vivre en France, un autre serait sur la route à chercher des partenaires, des distributeurs, d’autres commerciaux et des sous-traitants. Comme nous disposons de la base de données de l’ancienne société, nous irons trouver ces sous-traitants. »
Les objectifs d‘Hygipanel Group sont clairs. « Nous voulons grandir rapidement, d’abord en Belgique et, dans le deuxième semestre de cette année, en France, et développer un réseau de distribution. » Pour y arriver, ces jeunes entrepreneurs se font sagement accompagner, notamment par un mentor qui les suit depuis leurs débuts, et par le Réseau Entreprendre.

